20 févr

CURIE entend accélèrer la recherche européenne

Publié le 20/02/2012

Le supercalculateur CURIE de GENCI, conçu en France par Bull, ouvre des perspectives inédites en Europe pour la recherche académique et industrielle.

Lire deux milliards de livres en une seule seconde, c’est la performance que pourrait réaliser le supercalculateur CURIE, conçu par Bull pour GENCI et mis à disposition de la communauté scientifique, française et européenne.

Capable d’effectuer jusqu’à deux millions de milliards d’opérations à la seconde (2 Pflop/s), CURIE est constitué de plus de 92000 coeurs de calcul couplés à un système permettant de stocker l’équivalent de 7600 ans de fichiers MP3 (15 Po) à une vitesse (250 Go par seconde) 100 000 fois supérieure à celle d’une connexion ADSL très haut débit.

Mis en place en deux phases entre fin 2010 et fin 2011, CURIE est aujourd’hui entièrement installé et sa configuration testée avant que son accès soit totalement ouvert aux scientifiques européens, le 1er mars 2012.

Dans cette ultime phase de test, le bon fonctionnement du supercalculateur est notamment vérifié en exécutant des simulations de très grande taille sur la quasi-totalité de ses composants. Cette période dite de « Grands Challenges » permet généralement aux chercheurs de réaliser des avancées scientifiques majeures.

Des simulations de très grande taille

C’est par exemple le cas des travaux menés, en décembre dernier, par l’équipe de Michel Caffarel, du Laboratoire de chimie et physique quantiques (CNRS/Université Paul Sabatier de Toulouse). Pour mieux comprendre les phénomènes chimiques à l’oeuvre dans les processus de dégénérescence neuronale, notamment la maladie d’Alzheimer qui touche aujourd’hui plus de 20 millions de personnes dans le monde, les chercheurs cherchent à modéliser le comportement de certains ions métalliques particulièrement impliqués dans ces processus.

Les simulations qu’ils ont réalisées sur la quasi-totalité des coeurs de calcul de CURIE avec le logiciel QMC=Chem se sont révélées nettement plus précises que celles obtenues jusque-là par l’utilisation de méthodes classiques.

D’autres « Grands Challenges » sont prévus sur CURIE. En astrophysique, par exemple, une équipe de l’Observatoire de Paris est en passe de réaliser une première mondiale : comprendre l’évolution de l’Univers, depuis le Big Bang jusqu’à nos jours sous l’influence de la matière noire. Cette simulation, sera 10 fois plus réaliste que celles actuellement effectuées aux Etats-Unis et en Corée du Sud.

D’autres équipes espèrent également beaucoup de CURIE, dont celles du CEA qui travaillent dans le domaine de la fusion pour dimensionner le futur prototype ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), celles du CORIA et du CERFACS pour l’optimisation du processus de combustion dans les turbines et moteurs à pistons ou enfin celles de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL) autour de la modélisation multi-échelles du climat, appliquée à l’étude des cyclones dans l’Océan Indien.

Vue du supercalculateur CURIE, installé et exploité par les équipes opérationnelles du CEA dans son Très Grand Centre de Calcul (TGCC) à Bruyères-le-Châtel.

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