17 févr

L’Europe veut encadrer la société robotisée

Publié le 17/02/2017

Le 13 février, le Parlement Européen a adopté le rapport de la luxembourgeoise Mady Delvaux sur les règles de droit civil à appliquer à la robotique.

La robotique et les algorithmes prennent de plus en plus de place dans la société. Les eurodéputés soulignent ainsi que des règles à l’échelle de l’UE sont « nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel économique de la robotique et de l’intelligence artificielle, tout en garantissant un niveau standard de sûreté et de sécurité. »

Les eurodéputés exhortent la Commission à envisager la création d’une agence européenne pour la robotique et l’intelligence artificielle, afin de fournir aux autorités publiques une expertise technique, éthique et réglementaire.

Dans un communiqué, la délégation socialiste se félicite de cette avancée :

« Ce progrès ne se fera pas sans établir de nouvelles règles, sans créer un corpus de droits pour les citoyens et sans encadrer les pratiques qui vont naître des bouleversements entrainés par le numérique. Contre les fantasmes néolibéraux d’Uberisation, d’un gouvernement par les statistiques et les algorithmes, nous devons rester vigilants. L’alliance entre Wall Street et la Silicon Valley, c’est celle qui envisage les hommes de manière non-humaine, une gouvernance prétendument déterministe et qui se ferait non seulement sans, mais contre le politique, l’humain, l’indétermination, le hasard, l’erreur ou l’affect. Bref, au mépris de la vie. Aussi, d’un point de vue éthique, économique ou politique, nous devons nous assurer que la révolution de l’intelligence artificielle et de la robotique n’entraînera pas une explosion du chômage, ne déstabilisera pas notre système fiscal et social et n’élargira pas le fossé entre les riches et les pauvres dans nos sociétés. Alors que les algorithmes influencent de plus en plus des décisions qui impactent notre vie quotidienne, leur fonctionnement doit être transparent afin de pouvoir exercer un contrôle démocratique sur la façon dont s’opèrent les choix des machines. Démocratiser les technologies, oui, mais cela ne signifie pas seulement les offrir au plus grand nombre : cela implique que tous les citoyens déterminent leur rôle et leur place dans notre vie sociale. C’est mettre les robots et les algorithmes au service de la société dans son ensemble et non au service d’un comité des forges 2.0 ! »

Liens :

- Sur le site du Parlement européen

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