01 août

Microsoft et le cloud computing : le code est sans importance

Publié le 1er/08/2011

Simple géant de l’édition du logiciel, Microsoft a désormais engagé sa transformation pour devenir un fournisseur de service. Pour cela il a intégré l’open source comme brique de bases et tente de nous convaincre que seul le contrat de service importe.

Le code n’a pas besoin d’être ouvert

Lors de la conférence Oscon 2011, Gianugo Rabellino, Senior Director for Open Source Communities de Microsoft a précisé la vision du cloud computing de sa société. Il a déclaré que : “tant que les interfaces d’accès au service(API), les protocoles et les standards pour le cloud sont ouverts alors le client n’a pas à se soucier du code sur lequel il repose.”

Il poursuit : “Suis-je en train de dire que l’ouverture n’a pas d’importance ? Non elle l’est extrêmement, mais j’affirme que dans le cloud le code source est représenté par les conditions générales et les niveaux de services proposés (SLA)”.

Il est évident que l’ouverture doit être inscrite dans les contrats de service et le Total Information Outsourcing apporte en cela un guide de lecture incontournable pour les utilisateurs.

Mais réduire le code à un second rôle est évidemment un piège. Aussi ouvertes soient les API ou les formats, l’utilisateur reste prisonnier du fournisseur de service, ne pouvant reproduire ce dernier sur une autre plateforme. L’ouverture du code (tout le code) reste un élément fondamental pour l’utilisateur qui veut garder la maîtrise de son système d’informations.

Inclure le logiciel libre et open source comme composant “de base”

Désormais Microsoft travaille à inclure des logiciels libres et open source comme WordPress, Drupal, Joomla ou Eclipse à sa plateforme de cloud computing Azure. Prés de la moitié des employés de Microsoft à Seattle travailleraient avec des projets open source.

A lire ces propos, on voit bien que Microsoft a intégré l’open source dans sa stratégie. Mais une stratégie basée sur des composants ouverts et assemblés dans des solutions propriétaires. C’est dans l’assemblage que réside la valeur ajoutée et cela Microsoft veut le garder pour lui seul en emprisonnant de fait l’utilisateur.

Il est vrai que bien souvent le logiciel libre ou l’open source nous livre des briques qui unitairement sont parfois difficilement utilisables. Une fragmentation parfois poussée à l’extrême excluant de fait la possibilité pour un simple utilisateur de construire sa solution. L’existence d’un assembleur est donc indispensable.

Alors, Microsoft veut assembler ces briques et créer les solutions de demain pour les utilisateurs et les leur mettre à disposition dans les nuages.

Devenir un opérateur de service comme Google

Microsoft est en train de passer d’un modèle d’éditeur à celui d’opérateur de service. Un virage inévitable face à la montée en puissance d’un Google qui a dés sa création a basé toute sa stratégie sur l’open source. En fin de compte, peu de chose semble désormais séparer les deux géants.

Mais Microsoft garde pour lui sa présence massive dans les entreprises et sur les ordinateurs des particuliers ainsi qu’une santé financière toujours pimpante. Si on parle de finance, n’oublions pas le troisième larron Apple qui semble se porter tout aussi bien.

Pauvres utilisateurs que nous sommes, nous voilà livrés à un trio bien peu engageant…

[Source]

Philippe SCOFFONI

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