Pour l’APRIL, "les droits des consommateurs passent par l’action de groupe, la vente liée et la neutralité du net"
La commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale va débuter ce mardi l’examen du projet de loi « renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs ».
Pour l’APRIL, ce projet représente "un retour en arrière inquiétant pour les libertés et pour les droits des utilisateurs, avec l’omission de l’action de groupe, qui était pourtant une promesse de Nicolas Sarkozy dès 2007, et avec une tentative très préoccupante de filtrage du net à l’initiative de la DGCCRF".
Frédéric Lefebvre avait indiqué début juin, lors de la présentation du projet de loi, que la promesse d’introduire des actions de groupe dans le droit français faite par Nicolas Sarkozy en 2007 ne sera pas tenue. L’action de groupe, ou recours collectif, est une procédure judiciaire permettant à des individus d’agir collectivement en justice pour faire respecter leurs droits. Très répandue aux États-unis, elle existe aussi dans de nombreuses démocraties dont le Canada, le Portugal ou l’Italie. Elle serait particulièrement utile pour des litiges où le préjudice financier individuel est limité, comme la vente liée ordinateurs/logiciels par exemple.
Pour offrir cette opportunité d’un réel renforcement des droits des consommateurs, les membres du groupe socialiste présentent un amendement visant à instaurer l’action de groupe. L’April appelle les députés participant aux travaux de la commission des Affaires économiques à soutenir cet amendement pour que la promesse de la majorité soit respectée : le recours collectif permettrait enfin aux consommateurs de faire valoir leurs droits devant les illégalités de masse.
La pratique illégale de la vente liée ordinateurs/logiciels pourrait également être réaffirmée par l’adoption d’un autre amendement du groupe socialiste qui demande à ce que la liberté de choix des consommateurs concernant leur matériel et leurs logiciels soit enfin inscrite dans la loi. Alors que le ministre de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique Éric Besson a encore affirmé en avril 2011 qu’il était urgent de ne rien faire, de nouvelles décisions de justice ont rappelé l’illégalité de ces ventes forcées, qui distordent la concurrence et empêchent l’émergence de solutions innovantes.
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