Corel Linux 1.2
25 mai 2004 dans Distributions
Généralités
Corel Linux OS 1.2 est l’ultime épisode de l’aventure Linux de l’éditeur canadien. En effet, Corel se retire de ce marché où il n’a pas réussi à s’imposer. Pourtant ses distributions, visant clairement le grand public, disposent de nombreux atouts : facilité d’installation, interface rappelant le bureau Windows, ...

Cette distribution est basée sur la Debian, ce qui peut poser des problèmes car les paquetages au format .deb sont plus rares, cependant l’installation de paquetage au format .rpm est désormais possible malgré quelques erreurs de conversions pour certains paquetages. Le matériel est mieux détecté et la configuration nous paraît efficace. On a pourtant remarqué que les machines bi-processeurs n’étaient pas forcément bien reconnues.
Installation
Une fois le CD-ROM inséré (il faut auparavant vérifier que votre BIOS permet de démarrer sur ce périphérique), l’utilisateur se trouve alors sous une interface d’installation entiérement graphique. La Corel est la seule distribution à n’afficher aucune ligne de texte. A l’instar d’autres distributions (Mandrake, SuSE, Red Hat , ...), l’étape - délicate pour le néophyte - du partitionnement est simplifiée par l’utilitaire fourni. Pour d’avantage de précision, vous pouvez consulter notre section sur le partitionnement.

Finalement, après quelques clics de souris pour le choix d’options élémentaires, on lance une installation standard. On remarquera la possibilité, déjà présente sur la version 1.0, d’installer Linux dans un fichier Windows. Toutefois, il est déconseillé d’installer Linux dans une partition Windows car cela ralentit énormément le système. Le premier démarrage est assez long (5 minutes). A l’issue de celui-ci, vous pourrez configurer votre matériel.
Configuration
Les cartes graphiques :
Tout est paramétrable par le biais du Centre de Contrôle, accessible via le menu de démarrage. Nommé Paramètres d’affichage, le menu ressemble énormément à son homogue sous Windows de manière à ne pas dérouter l’utilisateur. Le choix du moniteur est assez obscur, car seules les résolutions et fréquences sont indiquées, mais tout fonctionne à merveille et chaque utilisateur peut ainsi utiliser la résolution qui lui convient le mieux. La carte utilisée pour le test (une ELSA TNT2 M64) a été correctement reconnue et configurée, ce qui n’était pas le cas avec la Corel 1.1.
Le clavier
La Corel 1.1 souffrait d’un gros problème de reconnaissance du clavier français. Aucun souci avec la version 1.2, le clavier est correctement détecté, et toutes les touches sont utilisables, que ce soit en mode graphique, ou dans une console.
Le réseau
Une bonne surprise, la configuration du réseau est presque parfaite !
En effet, l’usage par défaut d’un serveur DHCP permet la détection quasi systématique des paramètres réseau : adresse IP, masque sous-réseau, passerelle, nom de domaine et serveur de noms. Seul le nom d’hôte était erroné, un numéro s’étant greffé au nom initialement saisi au cours de l’installation. De même la configuration de Samba est très largement facilitée sans utiliser Swat.
Les problèmes surviennent lorsqu’il y a besoin de spécifier une adresse IP statique.
Il nous a en effet été impossible de faire accepter notre adresse à l’utilitaire de configuration qui déclarait que celle-ci était invalide. La seule solution a donc été de modifier à la main les fichiers de configuration, un comble pour une distribution telle que la Corel.
En résumé, tout fonctionne bien tant que vous disposez d’un serveur DHCP.
Les cartes son
Enfin, pour la configuration des cartes son, l’éternel sndconfig permet leur détection. Suivi d’une relance du système, votre carte son devrait fonctionner. La carte son VIA82xxx intégrée à la carte-mère ABIT-VH6 n’a pas été détectée.
Utilisation
KDE et la gestion de fichiers
Si vous n’êtes pas allergique à Win9x, vous apprécierez le bureau et son gestionnaire de fichiers. Le bureau KDE remanié fait merveille. L’accés aux lecteurs de CD-Rom et disquettes est un jeu d’enfant. L’utilisation du gestionnaire de fichier Corel® rappelle énormément l’explorateur Windows, et permet d’accéder à l’ensemble de l’arborescence disponible. Le gestionnaire de fichiers permet d’accéder d’un simple clic aux lecteurx de CD-Rom et de disquette mais également aux réseaux de type Windows et aux fichiers montés en NFS. Seul inconvénient, il faut encore définir ’à la main’ les points de montage pour ce type des fichiers dans /etc/fstab.
Les mises à jour
Pour la mise à jour du système, l’outil get_it permet de se connecter sur le site de Corel, ou de tout autres serveurs, pour rapatrier et installer les mises à jour. Petit bémol, en observant le fichier indiquant le serveur utilisé pour les mises à jour, nous avons remarqué qu’il s’agissait du serveur Corel 1.0. Il a donc fallu modifier le fichier sources-list pour indiquer le serveur Corel 1.2. get_it permet également de convertir les paquetages rpm de Red hat en .deb pour Corel et Debian. On a pu constater cependant que la conversion ne réussit pas toujours et que la gestion des dépendances entre paquetages n’était pas toujours satisfaisante. Ces problèmes sont dûs essentiellement au fait qu’il s’agisse d’un version modifiée de KDE (kde-corel), les bibliothèques disponibles en standard n’étant plus forcément conformes. A ce propos, il est décevant que le KDE proposé ne soit qu’en version 1.1 à l’heure de KDE 2.0.
Les utilitaires
Quelques remarques sont à faire à ce niveau là. En effet, les outils proposés avec la Corel Linux ne sont pas forcément satisfaisants. Par exemple, pour les éditeurs de texte, nous avons constaté la présence de bon nombre d’entre eux pour le mode texte (vi, joe, ed, ...) et de kwrite et xedit pour le mode X, mais nous déplorons l’absence d’Emacs. Pour le transfert de fichiers, hormis les classiques ftp et ncftp en mode texte, on déplore l’absence de gftp et kftp pour leur substituer wxftp, outil similaire mais moins courant... Pour le mail, Kmail fait figure de proue. On pourra citer également Elm pour la version console.
Concernant les différents outils classiques, on notera une version bien dépassée de Gimp (1.0.2), la présence de GhostView et GhostScript et de mswordview pour la lecture de fichiers, lpr et a2ps sont également installés pour gérer les impressions de fichiers. Les utilitaires de compression habituels sont également disponibles (gzip, bzip2, ...), et pour les divertissements, xmms permet d’écouter une large variété de formats musicaux.
Développement
En ce qui concerne le développement, la Corel Linux n’est pas non plus optimale. On constate l’absence de compilateurs standard tels que gcc et egcs pour leur avoir préféré g++. Du point de vue des scripts, on ne peut rien leur reprocher étant donné qu’ils sont extraits d’une version Debian. Le manque de commentaires pourra cependant surprendre ou gêner, mais leur limpidité offre aux programmeurs une totale liberté de création.
Serveur
Il faut reconnaître que cette distribution est davantage orientée vers une utilisation de bureau que vers une configuration serveur. On peut cependant noter la présence d’Apache 1.3.3 et d’Exim, une alternative à sendmail. Samba est également intégré pour permettre une détection et un parcours des réseaux Windows. Nous aborderons une approche serveur plus poussée dans le test de la distribution Debian, celle-ci servant de support à la Corel Linux, vous pourrez ainsi recouper les informations pour obtenir une version serveur de la Corel.
Conclusion
Finalement, la distribution Corel Linux 1.2 apparaît comme une distribution "très grand public". Elle réconciliera bon nombre de personnes avec les installations triviales et une détection du matériel facilitée. Si vous devez installer votre premier système Linux, vous serez heureux de trouver une telle distribution. D’un autre côté, pour le développement et la configuration réseau, il faut axer l’installation vers le mode expert. La sélection paquetage par paquetage permet d’obtenir un système sur mesure. Les scripts étant très clairs, la configuration en est d’autant plus facile. Il y a de fortes chances pour que vous vous sentiez limité par la Corel lorsque vous aurez un peu plus d’expérience.
Pour son rapport Confort/Puissance, la Corel Linux 1.2 est la meilleure distribution dans le cadre d’une utilisation bureautique.
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