
Web apps et standards web appliqués au mobile : l’exemple Palm
Posté le 30 novembre 2009 :: Développement
Eclipse et Java font peur ? Comment faire venir à soi des développeurs obsédés par l’iPhone ? En proposant un kit de développement multiplateforme et gratuit, pour lequel de simples connaissances en développement web suffisent. Palm pousse le concept très loin, Sony Ericsson l’utilise en attendant de donner des signaux clairs et durables à ses développeurs.
Les applications furent longtemps un baromètre de la fertilité d’un système d’exploitation. Un règne nouveau pertube la donne, celui des "web apps" et du "cloud". Le navigateur est désormais le point central permettant d’accéder aux sites, flux et applications web complexes.
Google l’a bien compris : Chrome OS - citons également Moblin, Jolicloud, etc. - n’aurait représenté aucune rupture dans la conception d’un système d’exploitation, s’il n’avait été qu’un clone de Windows basé sur l’une ou l’autre distribution Linux en format classique (noyau, interface, applications, pilotes). Chrome OS arrive à point nommé, dans un paysage où le web devient le centre nerveux de la plupart de nos activités informatiques.
Sur le mobile, l’abondance des logiciels développés pour l’iPhone fait aujourd’hui sa force : il est incontournable, comme naguère Windows l’a été. Les développeurs se placent là où le marché promet visibilité et, surtout, retombées économiques. Apple n’avait pas anticipé ce succès. Aux débuts de l’iPhone, Steve JOBS estimait que les web apps suffiraient. Avait-il raison trop tôt ? Un marché s’ouvrait à la société, réclamé par les utilisateurs et les éditeurs, auquel il était difficile de résister : celui de greffer à iTunes une boutique d’applications, laquelle trouverait naturellement sa place aux côtés de la musique, du carnet d’adresse, des photos et du calendrier des utilisateurs.
Depuis, plusieurs acteurs ont répliqué. RIM tout d’abord, pour qui les applications (JAVA) étaient déjà disponibles en quantité. Face au peu de succès de son modèle de distribution, le constructeur a décidé de mettre les bouchées doubles ces derniers mois pour rendre son image plus attractive auprès du grand public, notamment en passant un accord avec Adobe pour l’intégration de Flash (greffon refusé par Apple), puis en intégrant les widgets et openGL dans son kit de développement. Outre RIM, Google mise énormément sur Android Market, dont la croissance reposera sur l’abondance des terminaux et la communauté opensource. Les compétences requises pour sa prise en main sont Eclipse et Java.
Citons également Nokia (Ovi Store, Qt, Maemo, Symbian), Samsung et Sony Ericsson (avec Playnow).
Et si les web apps suffisaient ?
Palm opte pour une stratégie légèrement différente, reprenant le refrain sifflé par Steve JOBS à la sortie de l’iPhone, "les web apps suffiront". Son WebOS, basé sur Linux, a reçu un accueil appréciable auprès des premiers utilisateurs, malgré un succès de vente mitigé (deux terminaux, un seul en dehors de l’Amérique du Nord, dans 3 pays européens).
Proposé en version bêta l’été dernier, le kit de développement (Mojo SDK de Palm) est disponible pour Windows, Linux et Mac OS X. La dernière version date du 14 novembre dernier.

L’étape suivante sera un environnement SDK intégré à un simple navigateur web, ARES, histoire d’attirer un nombre encore plus grand de développeurs. Ce dernier sera disponible avant la fin de l’année. Une démonstration a été réalisée par le constructeur lors de l’Open Mobile Summit à San Francisco début novembre. ARES a été développé pour mettre en avant plusieurs composants de JavaScript afin de créer des logiciels tournant à la fois sur le Pre et le Pixi. Le pari est le suivant : les RIA (Applications Internet riches) suffiront à combler la plupart des attentes. Palm y ajoute des fonctionnalités de glisser/déposer, permettant d’accélérer le développement. Même s’il est « web », l’environnement comprendra des outils de débogage et une fonction de partage des bibliothèque/APIs. Un émulateur est lui aussi intégré. Il n’est pas certain qu’ARES soit compatible avec Internet Explorer. Il le sera avec Firefox, Chrome et Safari.

Vous retrouverez sur le site de l’opérateur SPRINT une vidéo intitulée "Sprint Open Conference : WebOS and the Open Source Community".
Les web apps suffiront sans doute à combler la plupart des utilisations courantes sur mobile. Elles ne parviendront toutefois pas, dans un avenir proche, à un niveau suffisant pour le développement d’applications complexes, comme les jeux. L’iPhone risque donc de conserver à court terme son avance sur le reste du règne mobile.
Sony Ericsson semble adopter une attitude proche de celle mise en avant par Palm, mais le mouvement est timoré et plus nébuleux. Le constructeur livre son WebSDK en version bêta, un kit de développement permettant de créer des applications web tournant à la fois pour Symbian (Satio) et pour Android (X10). Ces applications reposent sur 3 technologies : HTML, Javascript, CSS ; bref, là aussi, le web. Elles auront également accès à la puce GPS, au son et à l’accéléromètre.
A la différence d’Android, de l’iPhone et de WebOS, WebSDK de Sony Ericsson n’est proposé que sous Windows. Il offre des perspectives intéressantes (correspondant aux récentes annonces de stratégie openOS), mais trahit un manque total de cohérence dans la communication OS du constructeur, balancé entre Symbian, Java, Capuchin, Flash, Windows Mobile et Android.
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