
Cuba s’est taillé son propre système Linux
Posté le 13 février 2009 :: Logiciels
L’île de Cuba conteste l’hégémonie américaine sur tous les fronts : rien de neuf sous le soleil. Cette fois, le régime lance son offensive anti-Microsoft, sous la forme d’un système d’exploitation Linux approuvé par les autorités. Faut-il applaudir ? Débat.
Cuba dispose désormais de son système Linux national. La distribution a été présentée lors d’une conférence informatique qui s’est tenue à la Havane sur le thème de la "souveraineté technologique".
La distribution Linux officielle s’appelle Nova : elle serait basée sur Gentoo Linux. Elle vise à terme à remplacer Microsoft Windows sur l’ensemble des ordinateurs de l’île. Objectif : 50 % des ordinateurs de l’île d’ici 5 ans. Ambitieux. Le projet ne dit pas s’il s’agit uniquement de remplacer les systèmes présents sur les ordinateurs des administration ou si les citoyens sont également concernés.
Selon Esteban Israel, Reuters, "le gouvernement considère l’utilisation des systèmes d’exploitation de Microsoft comme une menace potentielle puisqu’il estime que les Etats-Unis, par le biais de leurs agences de sécurité, ont accès aux codes de Microsoft. Par ailleurs, l’embargo américain empêche les Cubains d’obtenir légalement le logiciel Microsoft et ses mises à jour." Pas un mot par contre sur Mac OS X, autre fleuron de l’industrie.
Tout comme la Chine avec Red Flag, Cuba entend réduire sa dépendance aux produits technologiques américains (l’embargo pour argument). S’il est permis de se réjouir qu’un système forcément ouvert soit dans les mains d’un peuple, on peut s’inquiéter des risques de dérives que représente la conception d’un système d’exploitation unique et contrôlé par un Etat. Quid des autres distributions ? L’Etat estime toutefois que la disponibilité du code-source est le meilleur garant contre les codes cachés ou malicieux.
Selon Hector Rodriguez, doyen de l’Ecole du logiciel libre, à l’université des sciences de Cuba, près de 20% des ordinateurs cubains utilisent Linux, les ventes d’ordinateurs au public ayant débuté seulement l’an dernier. Plusieurs ministères et l’université cubaine avaient adopté Linux, mais l’administration faisait face à une forme de résistance de la part d’entreprises publiques, inquiètes de la compatibilité avec les applications qu’ils utilisent.
Avec Reuters
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