Logiciel libre : nébuleuse communautaire et... commerciale !

Posté le 23 mars 2010 ::   Opinion


Il y a de quoi être fiers : le marché du logiciel libre en France est aujourd’hui évalué à plus d’1,5 milliards d’euros, ce qui en fait le numéro un européen. La semaine dernière se tenait à Paris la douzième édition du salon Solutions Linux. L’occasion de revenir sur quelques concepts fondamentaux du monde "opensource", illustrés par les fers de lance du "secteur".

Intéressons-nous à Linux et aux logiciels libres pour "monsieur tout le monde" avec cette première question, la plus évidente sans doute : c’est quoi un logiciel libre ? Un logiciel libre est un logiciel distribué selon une licence... libre. Ce dernier peut être - selon le type de licence - utilisé, modifié et transmis sans restriction par l’utilisateur à qui il a été distribué. S’il existe une distrinction (liée aux licences) entre "opensource" et "logiciel libre", les termes peuvent être considérés comme synonymes, car leur objectif est commun. On oppose logiciel libre à "logiciel propriétaire". Dans ce cas - et les exemples sont nombreux ! -, le code-source de l’application est gardé secret. On pense immédiatement à la plupart des logiciels de Microsoft, Symantec, Adobe ou encore Apple.

Avez-vous déjà utilisé un logiciel libre ?

Sans doute. Et peut-être même sans le savoir. Le navigateur Firefox, la suite bureautique OpenOffice(.org), le lecteur vidéo VLC sont sans doute les trois exemples les plus parlants et fédérateurs. Non, tout ce qui est Linux n’est pas libre. Et tout ce qui est libre n’est pas forcément Linux. Les logiciels libres occupent désormais une place de choix dans l’univers Linux, Windows et Mac. Quant aux logiciels commerciaux (propriétaires), ils ont eux aussi fait leur nid sous Linux.

Linux, lui, est pourtant l’un des logiciels libres les plus connus. Il s’agit d’un système d’exploitation développé sur un mode collaboratif, que vous pouvez installer sur n’importe quel matériel informatique, du poste de travail au portable en passant par le netbook. Plusieurs systèmes Linux sont disponibles sur le marché, certains gratuits et d’autres payants, certains développés par des communautés, d’autres par des éditeurs commerciaux.

Parmi les distributions gratuites les plus connues, citons Ubuntu Linux, Fedora et le français Mandriva. Si les pilotes et l’équipement logiciel étaient les points faibles des débuts de Linux, la situation s’est nettement améliorée, avec l’arrivée de grands acteurs (éditeurs, constructeurs), qui ont pris soin de pallier à la plupart des manques. Le poste de travail des députés français est aujourd’hui équipé de logiciels libres tournant sur Linux. C’est dire si la donne a changé.

Du bureau à la poche : Linux dans le mobile

Linux a également inspiré le monde du mobile. Il a servi à l’élaboration de plusieurs systèmes connus : Android - que l’on trouve dans les "Google Phones" -, Maemo - qui équipe le N900 de Nokia -, Bada de Samsung et WebOS de Palm. S’il n’est pas basé sur Linux, Symbian (qu’on trouve dans les smartphones Nokia, Samsung et Sony Ericsson) est lui aussi devenu un système opensource. Son code source est désormais accessible aux développeurs et aux constructeurs. En 2010, les systèmes opensource sont désormais plus nombreux en volume que les systèmes "clos" comme Windows Mobile et Blackberry.

Outre le mobile, le "web 2.0" est lui aussi un terrain fertile pour le développement open source. Une étude publiée cette semaine par Pierre Audouin Consultants ( Lien : http://www.toolinux.com/lininfo/too... ) souligne que l’un des aspects essentiels du logiciel libre est qu’il implique un modèle basé sur la collaboration, l’ouverture du code et le respect des standards. C’est une des raisons qui explique la bonne pénétration des technologies libres sur le marché de ce qu’il est désormais convenu d’appeler le "cloud computing", c’est-à-dire l’ensemble des services web qui hébergent ou transmettent des données dans les "nuages", sur des serveurs distants (musique, vidéo, stockage de fichiers, applications web).

Le "Libre", ce sont aussi des emplois

Qui crée du "Libre" aujourd’hui ? Toute personne acceptant de livrer la source de son travail de développement. Cela va des développeurs aux graphistes en passant par les musiciens. Certains en ont fait un métier.

Qui vit du logiciel libre ? D’une part, les développeurs. Ceux-ci peuvent être "financés" (ou non) par des sociétés ou des fondations, lesquelles sont parfois moins désargentées qu’on le pense. Ainsi, la Fondation Mozilla gagne chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros grâce aux revenus générés par les recherches effectuées dans le moteur du navigateur. Cet argent peut ensuite être réinvesti dans la développement et la recherche. D’autre part, les éditeurs et sociétés de services spécialisés. Nées avec le besoin en support et en formation aux logiciels libres, les "sociétés de services" sont devenues un maillon important du marché, pour les administrations, les PME comme les grands comptes. Elles accompagnent les projets de migration, de support et la formation des salariés en entreprise. Des éditeurs comme IBM, Oracle et SUN ont eux aussi développé des offres de logiciels libres et gratuits, pour lesquelles elles assurent support et formation.

Et le mouvement ne semble pas faiblir. L’étude menée par le cabinet Pierre Audouin table sur une croissance européenne de 44 % pour les logiciels libres en 2010, après une hausse de 47 % déjà observée en 2009.

En collaboration avec SOFTONIC / ON SOFTWARE

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