Les Clubs UNESCO préfèrent le logiciel libre
20 décembre 2004 dans Communiqué
Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, et le Président de
Microsoft, Bill Gates, ont signé le 17 novembre 2004 un accord de
coopération présenté par M. Matsuura, comme « une opportunité pour
l’UNESCO de mettre en pratique le partenariat stratégique international
préconisé par les Nations Unies pour réduire la fracture numérique ». La
FFCU souhaite à cette occasion manifester son soutien à l’UNESCO mais
aussi l’encourager à accroitre son aide à la diffusion du logiciel libre
qui a la faveur du mouvement des Clubs UNESCO.
Consciente que la faiblesse des contributions des États au budget de l’UNESCO ne lui permettent pas de réaliser ses ambitions sans avoir recours aux financements de sociétés privées, la FFCU soutient l’UNESCO dans ses efforts pour rassembler autour de ses projets le plus grand nombre et la plus grande diversité de partenaires afin de leur assurer les meilleures chances de succès.
Il ne saurait donc être question pour l’UNESCO d’exclure la plus grande entreprise mondiale d’informatique du cadre de ses partenariats. L’UNESCO n’a pas pour vocation d’arbitrer des conflits techniques ou commerciaux ni de se faire le relais de sanctions prises par d’autres organisations.
La FFCU ne considère donc pas cet accord comme une remise en cause de la volonté de l’UNESCO de poursuivre la promotion des logiciels libres. Celle-ci a même été réaffirmée par M. Matsuura lors de la conférence de presse, en présence du président de Microsoft.
Si la FFCU se félicite qu’un nombre croissant d’entreprises reconnaisse l’expertise de l’UNESCO pour définir avec elle des partenariats manifestant leur responsabilité sociale à l’égard des citoyens de notre planète, elle n’est pas dupe de stratégies de communication visant à faire oublier que leur ultime objectif reste la maximisation des profits à long terme de leurs actionnaires et/ou de leurs dirigeants.
C’est la raison pour laquelle la FFCU appelle l’UNESCO et l’ensemble des organisations engagées dans le partenariat signé avec Microsoft à la plus grande vigilance.
La promotion de l’usage de logiciels propriétaires ne nous semble en effet pas de nature à contribuer à l’amélioration à long terme des conditions de l’échange des savoirs (et ne garantit pas non plus l’autonomie technologique) des pays les plus pauvres. La réduction de la fracture numérique doit s’accompagner de la garantie que les utilisateurs ne tomberont pas dans la dépendance d’une entreprise dont le monopole mondial est déjà établi.
Il serait paradoxal d’inciter les pays du tiers monde à travailler davantage avec Microsoft alors que les entreprises et les administrations des pays développés cherchent actuellement à réduire leur dépendance à l’égard de cette entreprise. Il faut au contraire, comme dans le cadre de tout partenariat pour le développement, viser à rendre les populations bénéficiaires de l’aide autonomes et maîtresses de leur destin.
Le logiciel libre est pour cela le meilleur instrument. En dehors de toute considération de coût (le logiciel libre n’est pas toujours gratuit), il favorise en effet le développement économique et culturel de la communauté en garantissant son indépendance, en stimulant son goût pour la liberté et en valorisant les échanges de connaissance et la coopération entre individus.
Dans le cadre de la "Décennie mondiale du Développement Culturel", le réseau mondial des clubs UNESCO a inscrit le logiciel libre sur sa liste des Trésors du Monde. La Fédération Française des Clubs UNESCO contribue elle aussi à la promotion du logiciel libre au sein de son réseau et se mobilise avec les clubs du monde entier pour obtenir son classement sur la liste du Patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO.
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