Un Powerbook sous Linux avec Mandrake PPC 9.1

31 août 2003   dans   Logiciels


Il en faut du courage, ai-je lu, pour installer Gentoo sur un Mac. Et ce samedi me paraîssait idéal pour chanter Gentoo sous la pluie. Oui mais voilà : les idéaux ont parfois quelque chose d’inaccessible. Et c’est un dimanche sous Mandrake qui déjà s’annonçait. Récit d’un week-end d’installation de Linux sur PowerPC.

Cela fait trois mois que cette nouvelle machine ne supporte qu’un seul système. Ce n’est pas qu’il soit particulièrement beau, innovant, mais ce Powerbook qui succède à mon iMac, allie la sobriété à la puissance... et au silence. 3 mois que MacOS X est devenu mon système "par défaut". Trois mois qu’une partition "on ne sait jamais" reste désespérément "free". Et bien trois semaines que le CD ROM de Gentoo Linux Final 1.4 PPC trône sur le bureau.

Un samedi sous la pluie : période idéale pour se lancer dans la grande aventure. La galette insérée, le portable redémarre. Touche C appuyée, un écran d’accueil différent de mon désormais "unique" OS X apparaît. Et l’invite en mode texte déjà me surprend. Suis-je revenu 6 ans en arrière ? Kheops Linux pour première expérience.

Il est 15 heures. Avant de procéder à l’installation, j’ai parcouru nombre de groupes de discussions, imprimé la documentation ad hoc et lu - et relu - quel courage et quel temps à tuer il faudrait pour donner vie à Gentoo. Et les prophètes ne s’étaient pas trompés. L’installation depuis le stage1 du CD annulée (comment est-il possible que ce système mette autant de temps à s’installer ?), je me lance à vive allure dans celui du stage3 (déjà optimisé, lis-je, pour le processeur G4 qui équipe mon portable : l’aubaine !). Chaque commande réussit : c’est presque de la magie. Oui, mais voilà : la compilation du noyau achevée (il est déjà 17h00), il me faut faire "émerger" les mises à jour et surtout l’outil de configuration du serveur X (xeasyconfig).

Et c’est là que le Malin frappe pour la première fois : j’appuye par mégarde sur la touche "pomme". L’écran disparaît. Quelques commandes usuelles tapées, je capitule. Pas grave ! on va recommencer. Et 20 minutes plus tard, retour à la case départ. La lasagne attendra encore une bonne heure. Fier, j’entre la commande magique : "emerge xeasyconfig". 30 minutes plus tard, les incompréhensibles messages d’installation se succèdent encore. De quoi passer au dessert. 15 minutes ont passé. Je rage. L’alter ego se ramène : "encore devant ton ordinateur ?". C’en est assez pour ce samedi. Je capitule, déjà, estimant sans doute qu’un tel acharnement serait bien mieux récompensé en donnant sa chance aux distributions plus accessibles. "Ce truc n’est pas pour moi, j’ai pas la patience", murmuré-je dans l’escalier. Il faut faire un choix entre YellowDog et Mandrake. Laissons Debian aux experts.

http://oedipe.net/toolinux/toolinux.jpgMandrake, ce sera Mandrake ! Après tout, les forums sont unanimes : "la version PPC a du retard par rapport à son équivalent x86, mais ça roule !". Tant mieux. Nous verrons bien. 3 images ISO sont programmées, qu’il me faudra graver au réveil. La nuit fut courte, mise à mal par le goût de trop peu, d’inachevé. Première galette insérée, redémarrage initié, quelques commandes frappées et une tonne de café préparé. Il n’en faudra pourtant pas tant. L’installation graphique s’initialise sans heurts : j’ai peut-être de la chance. Et la fortune de ce dimanche m’est confirmée. Partitions, choix des paquetages, détection du matériel : seul le mot de passe donnant accès à mon réseau sans fil (Airport) semble être oublié. Où faudra-t-il le spécifier. Peu importe : nous verrons plus tard. Par sécurité, je branche un câble réseau filaire à la borne Apple. Le réseau est détecté. Déjà l’heure de redémarrer ? 25 minutes seulement ont passé. Tout se déroule sans heurt. Invite à choisir le système. J’appuye sur la touche "m" sans succès, histoire de voir si MacOS X n’a pas souffert dans la manipulation. Mais c’était sans penser que le clavier avait été réinitialisé en QWERTY. La touche "," enfoncée, nous retournons bien sous MacOS 10. Dieu soit loué : rien n’a changé. Et de redémarrer, encore et encore... Choisissons "l" cette fois. Bingo : le système démarre. Les messages s’affichent en mode console : quelle nostalgie. Il y a 3 mois à peine, Yellow Dog Linux reposait aux côtés d’OS X sur un iMac, sur ce même bureau. Mais il me le faut bien avouer : l’installation de quelques outils Unix (dont KDE, Gimp et OpenOffice) sous le serveur X de MacOS 10 m’avait quelque peu fait oublier la présence de Linux PPC. Cette fois, pourtant, c’était décidé : il fallait y retourner.

http://oedipe.net/toolinux/maconlin...Le premier démarrage en mode graphique a toujours un goût de suspens hitchkockien. C’était sans compter sur la "légendaire simplicité d’installation" de Linux-Mandrake. Aucun parasite ne vient s’installer entre le moment ou le système a terminé le chargement de ses modules et l’invite de démarrage graphique. Qui propose KDE, Gnome et Window Maker. KDE pour premier choix, je navigue aux 4 coins du système, de Konqueror à KMail en passant par KOffice. Gnome, ensuite, où l’idée me vient de tester, par rapport à Yellow Dog Linux, la rapidité d’exécution de MOL (Mac On Linux), qui permet de faire tourner un système MacOS à l’intérieur d’une fenêtre Linux, ou en plein écran. Seule la configuration réseau résistera à la première manipulation : une dizaine de minutes plus tard, la connexion Internet est bel et bien partagée entre Linux et MOL. Je teste MSN Messenger, échange quelques smileys sans intérêt avec un ami et referme la session MacOS X. Bluffé. Je n’irais pas jusqu’à confirmer l’annonce selon laquelle MacOS tourne à plein régime et sans lourdeurs via MOL, mais le côté poussif de l’application est bel et bien du passé.

Entre Yellow Dog Linux et Linux Mandrake PPC 9.1 ? Aucune différence dans les entrailles, visiblement. Sinon la "Mandrake Touch" qui fait oublier à l’utilisateur qu’il utilise un Mac. Qui est à s’y méprendre identique à la version Pentium (et associés). Tout est identique, à croire que l’on est face au même système, conçu pour la même plateforme. Aveu : Yellow Dog semblait légèrement plus véloce, mais aussi plus dépouillée. Yellow Dog est, faut-il le rappeler, une version de Red Hat Linux déclinée pour PowerPC.

Le dimanche se termine. Et ma première exploration de cette distribution signée Mandrake avec lui. Si certains déplorent un manque de support matériel (n’ai-je pas lu que des iMac d’ancienne génération lui résistaient ?), Linux Mandrake PPC n’en reste pas moins aujourd’hui la distribution la mieux adaptée à un public francophone non technicien. L’installation sur un Powerbook 15’ G4 s’est déroulée sans heurts. Sans longueur. Sans un seul arrêt sur image.

Disponible depuis avril 2003, la série de 3 CDs peut être téléchargée sur les serveur miroirs proposés sur le site du distributeur Linux-Mandrake.com ou commandée à un prix modique sur MandrakeStore. Et si vous appréciez l’excellent travail des développeurs, si vous souhaitez que Linux Mandrake puisse poursuivre ses mises à jour à destination des systèmes PPC, adhérez selon vos possibilités au Club des utilisateurs, payant. En contrepartie, ce dernier vous donnera accès à une foule d’applications et de services. J’en ai presque oublié Gentoo. D’ailleurs, n’étais-je pas supposé rédiger un article sur sa version PPC ?

C.G.

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