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2015 : Génération Y et développement agile

mercredi 17 décembre 2014

Génération Y + développement agile = l’IT de demain

Au cours des dix prochaines années, la transformation des entreprises sera pilotée par de tout nouveaux logiciels tournant sur des dispositifs mobiles. Néanmoins, ces logiciels ne seront pas programmés comme il y a 20 ans. Ceux d’entre nous qui ont quarante et quelques années ont appris qu’opérer des changements tardivement dans le cycle de développement de logiciel coûte cher. Nous devions donc verrouiller le cahier des charges au plus tôt et tout anticiper pour éviter le risque de changement. Le changement était l’ennemi. En fin de compte, beaucoup d’entre nous ont passé des années sur des projets qui n’ont pas donné le bon résultat au final. C’est la magie du développement en cascade.

Si la transformation de l’entreprise doit avoir lieu, ce sera sous l’impulsion des équipes métier, intégrant souvent les équipes IT (développant les logiciels). Le processus de développement sera itératif, utilisant des techniques agiles, où les priorités sont revues au bout de quelques semaines pour tenir compte des retours en provenance des utilisateurs métier. Ce tout nouveau modèle IT produit une gratification quasi instantanée, ce qui convient parfaitement aux actifs de la génération Y. 2015 pourrait marquer le début d’une phase de décentralisation de l’IT où le pilotage des opérations resterait centralisé mais le développement des logiciels se ferait en interaction étroite avec les divisions concernées.

Les interactions en temps réel avec les consommateurs

Les terminaux mobiles bousculent le fonctionnement de quasiment tous les secteurs d’industrie. Les entreprises qui adaptent leurs services aux usages mobiles se donnent les moyens d’établir une relation en direct avec le consommateur. Pour les services marketing, c’est une mine d’or : ils peuvent intercepter le consommateur « dans l’action » et faire porter son attention sur les produits et services qui peuvent l’intéresser. Pensez au commerçant qui saura tirer parti de la position du client dans tel rayon de son magasin ou à la marque de vêtements de sport qui peut se tenir informée des pratiques physiques et de l’état de santé de ses clients. Certaines entreprises s’intéressent à ces technologies depuis des années, mais je pense que c’est à partir de maintenant qu’elles vont se généraliser. Comme il va falloir traiter d’énormes flux de données en temps réel, les ventes de technologies de stockage, comme les bases de données in-memory et les unités de stockage Flash vont exploser.

Le retour en force du logiciel

Ces dix dernières années, on a délaissé la création de logiciels en interne. Les services IT sont devenus des experts de l’administration des infrastructures de datacenters et de l’implémentation de systèmes ERP. Or la prochaine décennie sera celle du retour en force du logiciel qui va redéfinir quasiment tous les secteurs d’industrie. Ces logiciels tourneront essentiellement sur des terminaux mobiles, des smartphones et des tablettes, mais aussi au sein des systèmes embarqués dans les voitures, les moteurs d’avion, les chaussures de course et les êtres humains ! Prenez Tesla, c’est une voiture électrique, mais plus important encore, c’est une voiture software-defined, définie par logiciel. Ce qu’Apple a fait pour le téléphone cellulaire, Tesla le fait pour la conduite. Votre voiture devient une plate-forme logicielle sur laquelle déployer des innovations. Les entreprises qui ne prendront pas ce chemin d’innovation se tromperont de route. Et ceci vaut aussi pour les infrastructures de datacenters : à l’avenir, les systèmes de stockage, les serveurs, les réseaux, les datacenters en entier seront pilotés et administrés par des logiciels intelligents.

Les promesses de l’apprentissage en ligne

2015 sera aussi l’année de l’avènement d’une nouvelle ère pour l’éducation. C’est le début de la fin des cours magistraux. Le format de la conférence, pour l’enseignement, appartient au passé. En effet, des essais menés dans de grandes universités ont montré qu’un étudiant reste attentif 7 minutes environ sur un cours magistral de 40 minutes. Si le cours dure 60 minutes, l’attention chute prodigieusement ! Dans les lycées où on a remplacé les cours magistraux par des contenus en ligne, le nombre d’étudiants devant repasser leurs examens a quasiment été divisé de moitié avec un taux d’échec inférieur à 10 %. Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle, la publication des formations en ligne permet d’y accéder de partout. Imaginez un monde où quiconque pourrait suivre les mêmes cours exactement que les étudiants des meilleures universités !

Une tribune signée Christian Hiller, Président, EMC France.