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Le journal du Libre

Google n’aime pas la fragmentation

mardi 27 novembre 2012

Ce sont donc près de dix versions différentes qui composent à ce jour l’écosystème Android sur les smartphones (Source).

video smartphone Google android

On constate qu’à ce jour, c’est principalement la version 2.3 qui tient le haut du pavé avec près de 53% des terminaux utilisés. Pourtant, il s’agit d’une version que l’on peut qualifier de dépassée au vu des évolutions d’Android. Les versions plus récentes comme la 4 ne représentent à ce jour que 25%. On le voit, les terminaux Android semblent avoir du mal à monter de versions.Un état de fait peut-être frustrant pour les utilisateurs pour autant bien sûr que cela soit une attente de leur part.

Ce qui vaut à Google les railleries de ses deux concurrents que sont Apple et Microsoft. Tous deux s’enorgueillissent d’une très faible fragmentation. Pour le premier c’est un fait, il n’y aurait plus que deux versions d’iOS utilisée, la version 4 et la 5. Quant à Microsoft, il a tellement raté le marché des smartphones qu’il ne risque pas d’être atteint par ce problème.

Pourquoi Android échoue-t-il là où Apple semble réussir ? Il faut tout d’abord considérer le nombre de terminaux différents sur lequel Android fonctionne. Il y en aurait près de 700 000. Un chiffre effarant au regard du nombre de modèle d’iPhone proposé par Apple depuis ces débuts.

Une diversité permise par le modèle choisi par Google pour diffuser son système d’exploitation : celui de l’open source. N’importe quel fabricant peut utiliser Android pour ses terminaux. C’est le point de départ du succès de ce système d’exploitation. Hélas, il semblerait que désormais cela puisse se retourner contre Android.

La possibilité de modifier Android a en effet conduit des constructeurs à modifier ce dernier pour l’adapter à leur matériel ou pour lui ajouter des surcouches logiciels. Ce faisant, ils ont contribué à créer ce que l’on peut appeler des “forks” d’Android, des versions parallèles modifiées.

Les conséquences sont de deux ordres : tout d’abord, les applications fonctionnant sur certaines gammes de smartphones équipés d’une version “dérivée” d’Android peuvent ne pas fonctionner sur un autre terminal apparemment équipé de la même version d’Android, ce qui pour l’utilisateur peut sembler incompréhensible.

Ensuite lors de sorties de mises nouvelles versions, les constructeurs ayant un peu trop personnalisé Android peuvent difficilement proposer à leurs utilisateurs des mises à jour, ce qui explique probablement à ce jour la domination de la version 2.3 d’Android.

Pour remédier à cela, Google vient d’ajouter aux conditions d’utilisation du kit de développement d’Android un nouveau paragraphe. Ce dernier demande expressément aux développeurs de ne rien faire qui ne puisse “encourager” la fragmentation. Ils ne doivent pas notamment promouvoir ou distribuer des versions modifiées du kit de développement d’Android.

Je me demande bien comment Google compte faire respecter une telle clause. Ou alors ce serait renoncer à la nature open source de son système d’exploitation. Comme quoi la diversité mal maîtrisée est un facteur qui peut entraîner bien des difficultés dont sont victimes en premier lieu les utilisateurs.

- Philippe SCOFFONI