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Le journal du Libre

HP - Interview (2/2) : Linux et le poste client

lundi 23 juin 2003

Dans la deuxième partie notre interview exclusive avec Judy O. Chavis, Directrice Technique Logiciel, HP nous dévoile sa stratégie sur le poste client, la question des brevets logiciels, ...

A. S. – Nous avons jusque là parlé essentiellement de Linux en environnement serveur. A quel horizon voyez-vous une adoption large de solutions bureautique sous Linux ?

J. C. – Je ne pense pas que cette adoption sera pour tout de suite. Un horizon de 5 à 7 ans me paraît raisonnable. L’inertie des utilisateurs est en effet significative dans ce domaine.

A. S. – Certains utilisateurs relèvent que les drivers Linux pour certains périphériques (imprimantes, scanner, …) ne sont pas toujours fournis par HP …

J. C. – Dans le domaine des serveurs, cela n’est pas le cas. Par contre, il est possible que certains drivers à destination d’une utilisation personnelle soient concernés. Nous faisons des efforts pour combler ces lacunes, mais il ne s’agit absolument pas d’un axe prioritaire pour nous.

A. S. – En France, la vente liée est interdite. Il est pourtant impossible d’acheter un ordinateur HP sans OS préinstallé ?

J. C. – Ce n’est pas le cas pour les serveurs, où vous pouvez acheter le matériel sans logiciel. En ce qui concerne les postes clients, il est par exemple interdit de le vendre sans OS pré-installé aux Etats-Unis. En France, je ne sais pas …

[NDLR : le choix systématique de Windows pour les postes clients HP en France nous a été confirmé par HP France. La problématique est d’ailleurs exactement identique pour l’ensemble des constructeurs.]

A. S. – Dernière question. Il est possible que dans les mois à venir, l’Union Européenne adopte une directive en faveur de la brevetabilité des logiciels. Quelle est la position de HP sur le sujet.

J. C. – J’avoue que c’est un dossier que je ne connais pas suffisamment. Je pense simplement qu’il est important de pouvoir trouver un compromis entre les besoins de protection exprimés par les entreprises et ceux des développeurs individuels qui n’auraient pas les moyens de cette protection. En tout cas, je ne pense pas que cela nuirait de façon durable au développement des logiciels libres.

Il me semble par ailleurs important que le logiciel soit considéré comme une industrie comme les autres. Il n’y a pas de raison particulière pour laquelle le logiciel serait différent du secteur pharmaceutique par exemple.

A. S. – Merci Madame CHAVIS de nous avoir accordé ces deux heures d’interview aux lecteurs de TOOLINUX.com .