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Le journal du Libre

Iridium, le navigateur vraiment privé de l’OSBA

dimanche 25 février 2018

Chrome est aujourd’hui l’un des navigateurs les plus populaires dans le monde. Son avantage (qu’il partage pourtant avec les racines de Safari et de Firefox), c’est la liberté de son code-source et la puissance de Google à son chevet. L’occasion pour de nombreux éditeurs de créer des navigateurs à leur image sur base du code fourni par le projet Chromium et le moteur Blink.

Problème de Chrome : c’est un aspirateur de données. C’est pour cette raison que l’Open Source Business Alliance (qui compte rien moins que 190 membres) a voulu soutenir le développement d’un nouvel ambitieux projet, Iridium. Son obsession : le respect de votre vie privée.

Nous avons testé Iridium sur un système Fedora Linux avec succès (fluidité, rapidité, transparence, esthétique). Curieusement, la page d’accueil ne fonctionnait pas. Bonne nouvelle : Qwant (voir notre édition du 07 janvier 2018) est proposé comme moteur par défaut (ou DuckDuckGo). Sentiment étrange : l’impression d’utiliser une instance classique de Chrome...

Après quelques heures d’utilisation, la question qui se pose : en dehors de l’absence de Google, quel intérêt d’utiliser un navigateur qui ressemble à s’y méprendre à Chromium/Chrome ? Il existe en effet moult butineurs open source respectant votre vie privée basés sur d’autres moteurs, comme celui de la fondation Mozilla : Tor (évidemment), QupZilla, Midori, etc.

Pour tous, sauf Android

La version actuelle est disponible sur un nombre impressionnant de systèmes, allant de macOS à Windows en passant par Debian, Mint, Ubuntu, openSUSE, Red Hat Entreprise Linux et CentOS. Deux instances sont proposées : un paquetage à installer et une version « portable ». Reste à y ajouter Android - ce que pourrait faire l’ambitieux projet eelo de Gaël Duval, dont nous vous parlions encore début février - et la boucle sera bouclée. D’ailleurs, le projet est plausible à en lire les FAQ proposés en ligne (impossible sans concessions sous iOS, puisque la politique d’Apple interdit l’utilisation d’un autre moteur que le sien).

Pour l’heure, Iridium contient encore quelques traces de son géniteur : la possibilité de se connecter à son compte Google (sans succès pour nous, mais l’éditeur avoue être à la recherche d’une solution alternative) et d’installer des extensions (lesquelles vous exposent alors au partage de données avec certains éditeurs, mais Iridium vous met en garde).

Le site web d’Iridium se trouve ici (en anglais pour l’instant).

C.G.