TOOLinux

Le journal du Libre

Jeux

mardi 18 mai 2004

Jouer sous Linux ? C’est possible !

Abstract

On a longtemps pensé que Linux n’était pas fait pour jouer. Du moins, pas fait pour jouer à des jeux autres que XBill ou que ceux en mode console. Bien qu’amusants, ces jeux ne faisaient que sourire l’habitué de Windows et de son DirectX. Pourtant, l’avènement de drivers exploitant les capacités des cartes graphiques actuelles et le fait qu’OpenGL en version accélérée soit maintenant extrêmement facile à installer permet, par exemple, à LokiGames de proposer des portage Linux des jeux les plus connus, comme Civilization : Call to Power, Quake III Arena, SimCity 3000 ou Unreal Tournament. Ces jeux sont bien entendu commerciaux, compte tenu de l’apport artistique qu’ils ont nécessité et, pour la plupart d’entre eux, il est impossible d’en obtenir les sources. D’un autre coté, le joueur moyen n’est, en règle générale pas particulièrement gêné par cet aspect des choses.

A ce propos, si l’installation de votre GeForce/TnT vous pose des problèmes, vous pouvez consulter le guide d’installation des drivers accélérés sur lintech. Vous pourrez comme cela mieux apprécier la qualité des jeux qui ont été portés récemment sous Linux, ainsi que des autres jeux libres basés sur OpenGL. Car il y en a ! En effet, des jeux libres tels que Tux Racer ou Chromium B.S.U. (dont les plus attentifs auront remarqué que je suis fan) sont très jolis et ont un rendu visuel comparable à des jeux commerciaux, bien qu’ils ne disposent pas encore de la profondeur que l’on peut trouver dans un jeu commercial.

Je me doute que certains incrédules demandront plus qu’un simple article pour être convaincus. C’est là que va résider l’intérêt de cet article. Il présentera une petite partie de la grande variété de jeux que l’on peut trouver sur le net. L’installation de jeux sous Linux n’est, d’ailleurs, maintenant pas plus compliquée que sous MacOS ou Windows. La plupart des distributions proposent maintenant une grande partie des jeux libres sous forme de packages. Quand ce n’est pas le cas, l’installation par les sources est elle aussi très facile puisque, comme pour la plupart des projet développés avec les outils GNU, il suffit de faire ./configure ;make ;make install. L’installation des jeux commerciaux, quand à elle, est gérée directement par un programme d’installation qu’il suffit d’exécuter, ce qui rend le processus encore plus simple. D’ailleurs Loki a fait un intalleur de démos, qui est disponible sur leur site.

J’ai essayé tous les jeux dont je parle ici, donc je suis sûr qu’ils marchent. D’ailleurs, aucune capture d’écran présentée ici ne provient du net. Elle ont toutes été effectuées sur ma machine, un PC équipé de 128 Mo de ram, d’un Céléron 566 MHz, d’une carte vidéo à base de NVidia TnT2 et de ses drivers accélérés pour Linux, d’une carte sonore VIA intégrée à la carte mère, d’une Debian unstable avec XFree 4.0.2, d’un moniteur IIyama, d’une souris Logitech et d’une bouteille de Coca Cola light à moitié vide posée à coté du moniteur.

Le cas des jeux libre.

Quelques incontournables...

XBill

XBill, ce jeu mythique, mérite à lui seul une petite partie ! Il s’agit, ici, d’empêcher Bill d’installer un virus déguisé en OS sur votre parc de machine. Ce combat s’effectue en lui mettant des baffes, en empêchant les propagations par le réseau, en réinstallant les systèmes qui ont été désinstalés et en empêchant qu’ils soient volés. Ce qui a rendu ce jeu célèbre, mis à part son thème anti-Microsoft, est qu’il a longtemps été considéré par les non Linuxiens comme le seul jeu existant ! Bien sûr, c’est loin d’être vrai, comme le montrera cet article.

XBill continue d’évoluer, comme on peut le voir sur http://xbill.sourceforge.net/. Il existe également dans une version pour Gnome dont je n’ai malheureusement pas pu trouver l’URL mais qui est disponible sous forme de packages .rpm ou .deb. Voici d’ailleurs deux capture d’écran. La première est la version originale de ce jeu et la seconde la version Gnome, qui a été modernisée, avec des graphismes un peu plus fins dans le style Gnome et un parc d’OS plus récent à protéger !

Là, je suis mal barré. Là, je suis mal barré aussi, mais c’est plus beau.

Quelques jeux, parmis une multitude...

Autres jeux incontournables, XScavenger, un clone de Lode Runner, Rocks’n’Diamonds, un clone de Boulder Dash et LTris, un très joli et très jouable clone de Tetris dont il est possible de voir des images ci-dessous. J’ai choisi de parler de ces jeux en particulier parce que j’aimais bien leurs thèmes et parce que j’avais bien aimé les jeux desquels ils s’inspiraient. Ce n’est en aucun cas une liste restrictive !

XScavenger, classique mais très amusant. Rocks’n’Diamonds, un Boulder, certes, mais avec pas mal de choses en plus. Je n’ai jamais joué à un meilleur Tetris sous Linux...et même sur d’autres machines, d’ailleurs !

Ces 3 jeux sont très loin d’être les seuls qui existent dans le genre "portage de vieux jeux vers Linux avec une belle interface, des jolis sons et tout et tout". D’ailleurs, il suffit d’aller faire un tour sur freshmeat dans la section games pour voir une multitude de projets. Ils sont Open Source, pour la plupart, bien qu’il existe aussi des Sharewares et des Freewares. Le mieux est donc d’en essayer quelques-uns de temps en temps ! C’est d’ailleurs la démarche que j’ai suivie pour trouver ceux là.

La plupart des jeux de ce type sont faits par des développeurs qui mettent à profit leur temps libre, donc quasiment tous les projets que l’on trouve sur freshmeat sont en cours de développement. Il est donc tout a fait possible de faire avancer un projet en indiquant à son programmeur les bugs que l’on y trouve, ou même, en les corrigeant soi même et en envoyant le patch à leur auteur. Cela constitue la principale différence entre un jeu commercial et un jeu Open Source.

Doom

Je ne pouvais pas finir cette partie concernant les jeux classiques sans parler de Doom. Là, le jeu est identique à la version Shareware de Doom qui tournait naguère sous DOS, mis à part qu’il s’agit maintenant de logiciel libre. Bien qu’il ne soit pas récent du tout, ce jeu permet tout de même de passer de bons moments bien nostalgiques, et c’est pour cela que je l’ai mis dans cette section ! Il existe plusieurs versions de Doom sous Linux. Elles utilisent toutes le doom1.wad que l’on pouvait avoir dans la version shareware, ce qui fait qu’il n’y a donc aucun problèmes de licence. Il doit également être possible d’utiliser les .wad de la version commerciale de Doom, mais je n’ai pas pu tester ce point.

La première version que j’ai essayé est Doom Legacy, qui marche plutôt bien, et qui propose également un mode utilisant SVGAlib, c’est à dire utilisant le vieux driver d’accès direct à la carte. Je n’ai pas réussi à faire fonctionner la musique de cette version, peut-être en raison d’un problème de drivers pour la carte son. L’autre version, que je préfère d’ailleurs, est LSDLDoom. Cette dernière a le bon goût d’utiliser timidity pour jouer les musiques, ce qui permet de profiter à fond du jeu !

Rhaaaa KILL !
(Doom Legacy)
Le bon vieux Doom !
(Doom Legacy)
Bon, où je suis ? (LsdlDoom) Ouais ! Je suis dehors !(LsdlDoom) Arme peu efficace, mais amusante (LsdlDoom)

Le clavier français semble toutefois poser quelques problèmes, quand on lance le jeu sous X car ils ne se posent pas avec la version SVGAlib de Doom Legacy. Les touches pour choisir les armes ne fonctionnent pas, puiqu’il faut utiliser les chiffres. Il existe probablement un moyen de régler le problème autre que la modification du source du jeu, mais je n’ai pas eu le temps d’examiner le problème en détail.

De fort beaux jeux libres !

Le snowboard version Linux

Dans un registre plus consommateur de puissance machine, il convient de citer le premier jeu libre qui, inévitablement, attire l’oeil lorsque l’on passe devant : Tux Racer, que l’on peut trouver sur http://www.tuxracer.com/. Contrairement à tous les jeux précédents qui peuvent tourner sur quasiment n’importe quelle machine, ce jeu nécessite impérativement une carte graphique dont l’accélération matérielle est supportée sous Linux. En effet, une librairie purement software comme Mesa permet d’avoir en moyenne une image toutes les deux ou trois secondes sur un Céléron 633, ce qui rend tout de suite le jeu un peu moins agréable.

Le concept du jeu est très simple, puisque c’est un énième jeu de snowboard sur une piste. La nuance vient du fait que c’est de Tux lui même dont l’on a le contrôle ! Voici d’ailleurs quelques captures d’écran de Tux Racer, histoire que vous puissiez vous faire une idée de ce qu’est le jeu. Il faut toutefois bien se dire que quand c’est animé, c’est encore mieux !

Nan ! Je veux pas foncer dans l’arbre ! Bon, je vais essayer de battre mon record. Oh que ça va vite !

Comme me le faisait remarquer Sebkun, le jeu peut manquer un peu d’intérêt pour les joueurs endurcis, puisqu’il s’agit de prendre un nombre donné de poissons dans un temps donné également pour passer au niveau suivant, ou alors tout simplement d’aller le plus vite possible pour essayer de battre son précédent record. Qu’ils se rassurent ! Un mode multijoueur est prévu pour la version 1.0 ! Là, je pense que ce Tuxracer sera à Linux ce que Super Mario a été aux Nintendo et Sonic aux Sega... Mais déjà maintenant, ce jeu permet de passer de bons moments !

Cassage d’alien

Je citais également le très joli Chromium B.S.U., dont la page se trouve à http://www.reptilelabour.com/softwa.... Ce jeu est simplement un des Shoot’em Up les plus réussi auquel il m’ait été donné de jouer, même s’il n’est pas très varié.

J’aime ces moments de calme et de plénitude. En vrai, c’est animé de partout ! Un Shoot’em Up sans boss de fin de niveau, c’est pas un Shoot’em Up !

Même si ces captures d’écran peuvent paraître jolies, il faut bien se dire que ce n’est rien à coté de ce que l’on voir lorsque c’est animé. Bien que majoritairement en 2D avec des sprites, Chromium utilise OpenGL ce ce qui lui permet d’offrir une multitude d’effets en tous genres, pour peu que l’on utilise des drivers accélérés. Vouloir y jouer confortablement avec un OpenGL software tel que Mesa relève de l’utopie, bien sûr. Comme pour TuxRacer, ce jeu a besoin d’une carte graphique reconnue par Linux, etc...

Ce qui, selon moi, rend ce jeu exceptionnel, c’est sa maniabilité ! D’ailleurs, c’est ce que dit son auteur quand il en parle : il avait été déçu par le portage de Raptor sous Linux, qu’il trouvait trop lent, et pas assez amusant. Il a donc décidé de profiter de l’accélération matérielle proposée par OpenGL pour faire un jeu très rapide et plutôt dur. Chromium est donc un très bon défouloir très utile à garder sous la main quand l’on est en train de travailler et que l’on veut faire une petite pause, puisque les parties ne durent jamais très longtemps.

Encore d’autre jeux Open Source...

Comme faire un paragraphe pour chacun des jeux que l’on peut trouver est impossible, je vais me contenter de présenter rapidement deux autres jeux. On peut trouver énormément de projets libres fort sympathiques utilisant OpenGL ou non, qui peuvent rivaliser avec certains jeux du commerce. On peut, par exemple, citer Glaglaxian, une sorte de shoot’em up 3D vue de derrière plutôt difficile mais vraiment très amusant aussi ! J’ai également essayé la version Linux (sous Gnome)de Tetrinet, à savoir Gtetrinet, qui permet de se connecter à tout type de serveurs Tetrinet, qu’ils soient sous Linux (tetrinetx) ou sous Windows (un autre Tetrinet.)

Glaglaxian. Gtetrinet.

Comme cela a déjà été dit des dizaines de fois au cours de l’article, cette liste n’est pas exhaustive, et il ne faut pas hésiter à aller voir sur freshmeat ou sur happypenguin/ pour trouver des jeux, ou obtenir des informations sur ce qu’il se fait dans le domaine.


[Note d’Alban Schmutz, Dir. de Publication : Merci à Rouk pour sa contribution à la fois enthousiaste et intéressante.]