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Le journal du Libre

La gratuité est-elle un mauvais argument pour les logiciels libres et l’open source ?

mercredi 8 septembre 2010

Mais nier cette gratuité ou plutôt cette absence de coût de licence semble dans les faits difficile. Rares sont aujourd’hui les éditeurs qui tentent de vendre des logiciels sous licence libre. Pourtant, c’est une pratique que rien n’interdit.

Finalement, on pourrait se dire que donner le logiciel et vendre du support ou vendre le logiciel support compris c’est la même chose. Mais peut-être pas ?

A trop vouloir mettre en avant cette gratuité, n’y-a-t-il pas un risque de se “tirer une balle dans le pied” à long terme ?

Les avantages des logiciels libres et de l’open source sont nombreux. On peut citer entres autres : le respect de standards ouverts, la capacité à l’interopérabilité ou encore la flexibilité. Les arguments spécifiques ne manquent certes pas. En négligeant de mettre suffisamment en avant ces avantages et en privilégiant la gratuité, on finit d’entériner dans l’esprit collectif cette association.

Que peut-il se passer alors ? Les éditeurs de logiciels propriétaires ont déjà bien saisi cet argument de la gratuité et propose de plus en plus des versions “gratuites” de leur logiciel. Parfois, ces derniers sont trop bridés pour être réellement utilisables, mais pas toujours.

Ainsi des hébergeurs peuvent faire le choix aujourd’hui d’utiliser des solutions de virtualisations gratuites et propriétaires comme Esxi de Vmware. Des équipes de développement peuvent choisir d’utiliser Starteam Express, une solution de gestion de versions gratuite (jusqu’à 10 utilisateurs) qui n’hésite pas à annoncer : “Micro Focus lance StarTeam Express, nouvelle alternative aux solutions open source de gestion de configuration logicielle”.

Si demain les logiciels propriétaires deviennent gratuits, quels avantages restera-t-il aux logiciels libres et à l’open source dans l”esprit des utilisateurs ? Peut-être aucun et peut-être sera-t-on revenu à la case zéro.

Philippe SCOFFONI