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Le journal du Libre

Le numérique ouvert aux « standards ouverts et à l’interopérabilité dans l’administration »

jeudi 25 juin 2015

A l’occasion de cet appel à commentaire, le CNLL a rappelé son « attachement, ferme et de longue date, aux standards ouverts comme garantie de l’ interopérabilité et de la liberté d’entreprendre dans le numérique, en soulignant qu’une définition rigoureuse et stricte des standards ouverts est nécessaire pour que ces garanties soient assurées. » C’est le cas dans la version actuelle (1.9.7-8) du RGI, pour qui :

L’interopérabilité est la capacité que possède un produit ou un système, dont les interfaces sont intégralement connues, à fonctionner avec d’autres produits ou systèmes existants ou futurs et ce sans restriction d’accès ou de mise en œuvre.

Comme pour la version précédente du RGI, on voit à présent s’agiter différentes organisations, agissant en sous-main des intérêts d’acteurs américains du logiciel propriétaire, pour tenter de rendre moins contraignante cette définition.

Afin de jauger l’impact de la définition actuellement donnée par le RGI de l’interopérabilité, le CNLL a organisé un sondage, en laissant aux répondants la possibilité de donner une estimation de l’impact positif (ou négatif) que pourrait avoir à terme le RGI, avec une définition forte de l’interopérabilité et des standards ouverts, sur leur chiffre d’affaire ou sur le coût de leur Système d’Information.

Une centaine d’organisations de toutes tailles (de la TPE au Grand Groupe, en passant par quelques acteurs publics) ont répondu à ce sondage. Elles nous semblent représentatives de l’écosystème du numérique ouvert qui représente en France plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel et 50000 emplois.

Les réponses sont sans appel :

- 92% des organisations interrogées estiment "positif pour la performance de leur organisation" l’adoption des standards ouverts par le RGI.
98% estiment que cette adoption pourrait générer à terme pour elles une augmentation de leur chiffre d’affaire. Pour 27% elle pourrait être supérieure à 30%, et pour 36% elle pourrait être entre 10% et 30%.
- 97% estiment qu’elle pourrait engendrer une baisse des coûts (ou une augmentation de la performance à coût égal) de leur Système d’Information, ce gain étant estimé à plus de 10% pour 49% des répondants.

En extrapolant ces chiffres à l’ensemble de l’industrie du logiciel libre, et sur la base d’une augmentation du chiffre d’affaire moyenne de 30% due à l’impact positif du RGI et la définition "forte" de l’interopérabilité, ce sont au moins 1.5 Mrds d’augmentation de CA et 15000 emplois locaux qui pourraient être créés en France. Ce sont aussi, sur la base des réponses données par le sondage, de 3 à 5 milliards d’économies qui pourraient être réalisés dans les dépenses des systèmes d’information de l’administration et des entreprises françaises*.

Il y a donc bien un soutien massif de l’ensemble des entreprises de la filière du logiciel libre et du numérique ouvert à cette version du RGI V2. Le CNLL invite la DISIC à ne pas céder aux pressions des lobbies et à maintenir la définition de l’interopérabilité telle qu’elle est rédigée dans la version soumise à commentaires, et les autorités politiques à soutenir la décision de la DISIC dans ce domaine.

Source : CNLL