TOOLinux

Le journal du Libre

Les Clubs UNESCO préfèrent le logiciel libre

lundi 20 décembre 2004

Consciente que la faiblesse des contributions des États au budget de
l’UNESCO ne lui permettent pas de réaliser ses ambitions sans avoir
recours aux financements de sociétés privées, la FFCU soutient l’UNESCO
dans ses efforts pour rassembler autour de ses projets le plus grand
nombre et la plus grande diversité de partenaires afin de leur assurer
les meilleures chances de succès.

Il ne saurait donc être question pour l’UNESCO d’exclure la plus grande
entreprise mondiale d’informatique du cadre de ses partenariats.
L’UNESCO n’a pas pour vocation d’arbitrer des conflits techniques ou
commerciaux ni de se faire le relais de sanctions prises par d’autres
organisations.

La FFCU ne considère donc pas cet accord comme une remise en cause de la
volonté de l’UNESCO de poursuivre la promotion des logiciels libres.
Celle-ci a même été réaffirmée par M. Matsuura lors de la conférence de
presse, en présence du président de Microsoft.

Si la FFCU se félicite qu’un nombre croissant d’entreprises reconnaisse
l’expertise de l’UNESCO pour définir avec elle des partenariats
manifestant leur responsabilité sociale à l’égard des citoyens de notre
planète, elle n’est pas dupe de stratégies de communication visant à
faire oublier que leur ultime objectif reste la maximisation des profits
à long terme de leurs actionnaires et/ou de leurs dirigeants.

C’est la raison pour laquelle la FFCU appelle l’UNESCO et l’ensemble des
organisations engagées dans le partenariat signé avec Microsoft à la
plus grande vigilance.

La promotion de l’usage de logiciels propriétaires ne nous semble en
effet pas de nature à contribuer à l’amélioration à long terme des
conditions de l’échange des savoirs (et ne garantit pas non plus
l’autonomie technologique) des pays les plus pauvres. La réduction de la
fracture numérique doit s’accompagner de la garantie que les
utilisateurs ne tomberont pas dans la dépendance d’une entreprise dont
le monopole mondial est déjà établi.

Il serait paradoxal d’inciter les pays du tiers monde à travailler
davantage avec Microsoft alors que les entreprises et les
administrations des pays développés cherchent actuellement à réduire
leur dépendance à l’égard de cette entreprise. Il faut au contraire,
comme dans le cadre de tout partenariat pour le développement, viser à
rendre les populations bénéficiaires de l’aide autonomes et maîtresses
de leur destin.

Le logiciel libre est pour cela le meilleur instrument. En dehors de
toute considération de coût (le logiciel libre n’est pas toujours
gratuit), il favorise en effet le développement économique et culturel
de la communauté en garantissant son indépendance, en stimulant son goût
pour la liberté et en valorisant les échanges de connaissance et la
coopération entre individus.

Dans le cadre de la "Décennie mondiale du Développement Culturel", le
réseau mondial des clubs UNESCO a inscrit le logiciel libre sur sa liste
des Trésors du Monde. La Fédération Française des Clubs UNESCO contribue
elle aussi à la promotion du logiciel libre au sein de son réseau et se
mobilise avec les clubs du monde entier pour obtenir son classement sur
la liste du Patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO.

  • Clubs-unesco.asso.fr