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Le journal du Libre

Linux sur le bureau, Microsoft sur la sécurité

vendredi 14 novembre 2003

L’été dernier, dans les rues de San Francisco, Ximian, Novell, Sun et d’autres annonçaient douze mois de patience avant l’avènement du Bureau Linux. Qu’en est-il aujourd’hui ? Pour IBM, qui a massivement investi ces dernières années dans le système libre, tout n’est aujourd’hui qu’une question de mois en effet . Dans un an, Linux serait blindé pour envahir les postes de travail. Big Blue se base sur une tendance grandissante des directions informatiques à rechercher une alternative à des systèmes Windows coûteux et manquant cruellement de fiabilité en terme de sécurité.

Pourtant, d’autres voix s’élèvent pour pointer les lacunes du système et des principales distribution, leur manque de cohésion et de standards. Seule une certaine consolidation du secteur pourrait, selon l’analyste Gartner, offrir une plus grande crédibilité à Linux sur le segment où tous souhaitent le voir envahir le monde depuis bon nombre d’années. Horizon fixé par Gartner : 3 ans, au-moins. Nous sommes donc loin de l’optimisme affiché par les ténors du secteur Linux.

De son côté, Microsoft fourbit ses armes et compte bien éviter de laisser quelque part de marché à son intempestif rival. Et de préparer, selon le magazine InfoWorld, une séance de hacking du système Linux en public, histoire de prouver les failles de Linux à la terre entière. La stratégie s’appelle "Days of Risk" et s’appuye largement sur le délai accusé par les programmeurs pour offrir des correctifs au système libre. Il s’agit avant tout pour Windows d’éloigner les projecteurs de ses failles et de prouver que l’herbe n’est pas, selon Redmond, plus verte ailleurs, loin s’en faut.

Infoworld cite également une récente intervention de Steve BALLMER - lequel fait aujourd’hui de la sécurité de Windows un sujet de prédilection, à grand renfort d’investissements massifs dans, par exemple, la recherche d’informations permettant d’arriver à la capture des auteurs de virus. C’est lors d’un symposium que le CEO a argumenté sur le sujet, s’exclamant que, durant les 150 jours suivant la sortie de Windows 2000, seules 17 failles jugées critiques ont été constatées, chiffre ramené à 4 pour Windows Server 2003. Et de démontrer que son concurrent Red Hat Linux aurait, durant la même période, publié 5 à 10 (large palette en terme de marge d’erreur) de correctifs, ne spécifiant toutefois nullement s’il s’agit de failles critiques ou non.

Pas question, on l’a bien compris, pour Microsoft de laisser Linux occuper le terrain de la sécurité, à l’heure où nombre de consultants n’hésitent plus à parler d’une réelle alternative sur le terrain de la productivité informatique.