TOOLinux

Le journal du Libre

Networld / Interop 2000

mardi 25 mai 2004

Dates du salon : 7, 8, 9 Novembre
Lieu : Paris Expo - Porte de Versailles - Hall 1 - Paris

Un salon mitigé

Avec plus de 550 exposants, de la start-up aux opérateurs mondiaux, l’édition 2000 du plus grand salon informatique français avait tout pour être un grand cru. Néanmoins, l’effervescence n’était pas au rendez-vous, même si une ambiance d’innovation était palpable.
Start-up et géants reconnus ont ainsi saisi l’occasion pour présenter leurs nouveaux produits, leurs nouvelles stratégies ou encore tout simplement pour se faire connaître. Les sociétés linuxiennes font ainsi partie de ces dernières, et ont en grande partie assuré l’animation du salon - si l’on excepte les animations de foires organisées ça et là pour attirer le chaland.

Linux forge ses lettres de noblesse

Les plus grands noms du secteur, au nombre desquels on ne comptait pas moins qu’I.B.M. ou Compaq, ont dévoilé leur stratégie autour de Linux. Tous en font aujourd’hui l’un des axes majeurs de leur développement.
A celles-là, il convient d’ajouter les acteurs du monde Linux présents à la manifestation pour présenter leurs produits, que ce soit dans le domaine de l’embarqué, du clustering ou de la haute disponibilité avec LINEO, MONTAVISTA ou ALINKA, ou encore le générateur de portails MIDGARD, soutenu par la société française AURORA.

Nous vous ferons découvrir tous ces événements au fil des articles, tant cette année a été riche en innovations dans ce domaine.

La conférence Linux

Par ailleurs, cette année à été l’occasion d’une conférence organisée en Salle Plénière le dernier jour de la manifestation. Aucune innovation majeure n’est apparue dans les discours des uns et des autres, mais cela a néanmoins été l’occasion d’expliquer à de nombreux professionnels les enjeux et les avantages de Linux dans le domaine de l’entreprise.

Avec comme thème Linux, une révolution en marche, le public (plus de 100 personnes) a pu, selon ses attentes, découvrir la "politique Linux" des grandes entreprises ou simplement découvrir la puissance de cet OS pour les applications des systèmes d’informations des entreprises. Même si les thèmes n’ont pas été abordés en profondeur, ils ont certainement été l’occasion d’éclaircir des points qui pouvaient paraître nébuleux à certains auditeurs peu habitués aux concepts des logiciels libres.

Compte-rendu

La conférence d’Interop sur Linux a commencé par une courte présentation de Linux et de l’OpenSource en général.Le public présent était surtout composé d’entrepreneurs, novices sous Linux et d’un pourcentage réduit de membres de la communauté.

Linux et les logiciels OpenSource

- L’OpenSource : un mouvement qui n’est pas nouveau
Internet a joué un rôle majeur dans la naissance et l’explosion de l’OpenSource.

Même si Linux et les logiciels OpenSource semblent parfois nouveaux en raison de leur médiatisation assez récente, ils sont le fruit d’un mouvement amorcé en 1984 avec la Free Software Foundation. L’ouverture en OpenSource il y a quatre ans du code source de Netscape pour contrer la concurence d’Internet Explorer a donné un coup de fouet au développement des logiciels en OpenSource.

- La définition de l’OpenSource

L’OpenSource signifie que le code source du programme est publié et accessible pour une consultation. Mais attention, une multitude de licences se cachent derrière cette notion. Le code source est publié mais il n’est pas toujours permis de le modifier. Sun, qui met en OpenSource ses programmes, les a quand même dotés d’une licence propriétaire. Les licences sont nombreuses : Artistic, BSD, GPL... Cette dernière a la particularité d’obliger la publication des modifications du code source qui doivent aussi rester en GPL.

- Les différentes méthodes de travail liées aux logiciels libres

Les logiciels OpenSource sont développés au sein de la Communauté.
L’image du développeur hippie, un peu arnachiste, qui programme seul dans son coin, perdure encore trop souvent. La communauté OpenSource est très structurée. Les milliers de développeurs appartiennent à des projets distincts et hiérarchisés. La diffusion publique d’un nouvel XFree ou un nouveau Kernel est décidée par une poignée de linuxiens à la tête de la Communauté et elle suit une période de tests sévères. Le mode de développement de l’OpenSource est donc ordonné et hiérachisé. Il est important de préciser ce point, souvent à l’origine des réticences de certains entrepreneurs.

- Les applications disponibles

Toutes les applications d’infrastructure sont disponibles, par exemple pour le clustering, la messagerie, les serveurs Web. Les applications métiers commencent à se développer au fur et à mesure de l’interêt et de l’implication grandissante du monde des entreprises dans la Communauté Linux. L’évolution des logiciels OpenSource ne suit pas tout à fait les même régles que les logiciels « traditionnels ». Elle suit les besoins des développeurs mais surtout des utilisateurs grâce à un retour d’informations rapide.

définition du clustering : Le clustering permet d’effectuer des opérations nécessitant une machine surpuissante sur des machines à performances moyennes, reliées par l’intranet. L’application lancée se parallélise, s’éclate sur toute les machines du cluster, à condition que l’application ait été concue pour cela. Le clustering n’est pas seulement destiné aux calculs puissants. Le moteur de recherche Google utilise un cluster de 5000 à 6000 machines Linux.

Un modèle économique en pleine expansion

- Les acteurs fournisseurs

  • La Communauté
    Il est utile de préciser que la communauté Linux ne se limite pas aux développeurs. Les utilisateurs qui testent les logiciels et rapportent les bugs appartiennent aussi à la Communauté Linux. Leur rôle est capital dans la diffusion des applications.
  • Les portails sur Internet
  • Les vendeurs de solutions
    • Les fabricants de logiciels
    • Les fabricants de matériels
    • Les fabricants mixtes
    • Les intégrateurs
      Ils intégrent des solutions logicielles à du matériel en apportant de la valeur ajoutée comme des services et du support utilisateur.

- Les acteurs utilisateurs

  • Les utilisateurs de produits
  • Les utilisateurs des codes sources
    • Informatique système
    • Internet et fournisseurs d’accès
    • Fabricants de solutions (logiciels, matériels, mixtes)

Linux pour quoi faire ?

Chacun des intervenants a donné sa réponse à cette vaste question. Le but avoué était de rassurer les entrepeneurs souvent impressionnés pas la réputation de Linux comme système d’exploitation réservé aux développeurs.
L’effort de banalisation et d’explication a éclairé une bonne partie de l’assistance, dans une ambiance studieuse.

Manuel Guerrero, I.B.M.

Manuel Guerrero a expliqué que Linux utilise la puissance de la machine aux services des applications. Les temps de réponses sont rapides et le système est robuste.

Sa stabilité reconnue fait de Linux une solution appréciée pour les applications métiers critiques.

De plus Linux est un garant d’ouverture grâce à ses liens forts avec Internet. Les réseaux sous Linux sont facilement administrables par télémaintenance. On parle alors de solutions dites « plug and forget »

Rappelons que I.B.M. a complétement adopté Linux. Tous les serveurs de son catalogue tournent sous Linux, de la "petite" plate-forme Intel au gros serveur zSeries (à plus de 4.5 MF).

Associé à l’éditeur allemand SuSE, I.B.M. a développé des solutions logicielles spécifiques, permettant une interporabilité parfaite avec tous les systèmes existants ( Base de Données DB2)

Patrick Husson, Matra

Patrik Husson insiste sur l’aspect fédérateur de Linux. Avant l’avénement de Linux une multitude d’Unix florissait. Aujourd’hui, quelle que soit la distribution, un utilisateur Linux n’est jamais perdu (de légères différences existent, mais ne sont pas très génantes).

Jean-Noël de Galzain, Aurora

Linux possède des avantages évidents aujourd’hui pour une entreprise. Son faible coût ne l’empèche pas d’avoir du support. Des sociétés comme VA Linux ou Open Care fournissent justement ce support.

La technologie OpenSource donne plus de transparence au logiciel, et moins de dépendance vis-à-vis du fournisseur. Il est maintenant possible de modifier la solution logicielle en fonction de ses besoins et non plus l’inverse.

Jean-François Gomez, Open Care

Jean-François Gomez a mis en avant la dimension sociale de Linux et des logiciels OpenSource. Il a déclaré que « les logiciels libres servent l’entreprise, car l’entreprise n’a pas à s’y adapter. »

Pierre Ficheux, Red Hat

Pierre Ficheux déclare que « Linux n’est pas plus complexe que le reste de l’informatique industrielle ». Red Hat et d’autres sociétés mettent tout en oeuvre pour simplifier l’utilisation et l’administration de Linux.

P. Ficheux insiste également sur le fait que l’OpenSource responsabilise le développeur. En effet, savoir que les autres développeurs vont accéder aux sources du logiciel oblige l’auteur à faire un logiciel de qualité.

Christophe Le Cannelier, Compaq

A la question "Linux, pour quoi faire ?", Christophe Le Canelier répond simplement : « Linux : pour faire tout ce dont vous avez besoin dans l’entreprise aujourd’hui ! ». Aujourd’hui Linux peut tourner sur presque tout les types de processeurs existants. L’utilisation de Linux devient peu à peu incontournable pour le clustering. Toutes les produits pour le clustering sont disponibles en OpenSource.
Christophe Le Cannelier a également insisté sur le fait que Linux permet de pérenniser le matériel. De plus Linux est bien moins sensible aux virus qui peuvent faire des ravages en entreprise.

Renaud Larsen, VA Linux

Linux est la solution la moins chère qui s’adape bien à l’évolution de tous les périphériques. Renaud Larsen affirme « qu’aujourd’hui Linux est prêt pour l’entreprise ».

Linux et les suites bureautiques

Les entreprises ont toutes besoin d’une suite bureautique. Le passage sous Linux a souvent été repoussé en raison du manque d’outils bureautiques aussi puissants que ceux disponibles sous Windows.

Les intervenants ont tenu à faire le point sur ce sujet. En effet, il était bon de rappeler à l’assistance qu’aujourd’hui Linux est presque opérationnel en matière de bureautique. D’énormes progrès ont été accomplis en quelques mois.

N’oublions pas qu’un utilisateur moyen n’emploie que les fonctionnalités les plus courantes offertes par les suites bureautiques. Il sera donc tout à fait satisfait avec les suites bureautiques disponibles sous Linux (StarOffice, KOffice, le prochain OpenOffice).

Les suites Linux n’ont pas d’interêt immédiat à intégrer une compatibilité exhaustive avec toutes les fonctionnalités des suites Windows ; mais plutôt de se concentrer sur celles les plus usitées. Le principal avantage des suites Linux est d’augmenter la durée de vie du matériel et surtout de profiter au mieux de sa puissance et de ses capacités techniques.