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Le journal du Libre

Philippe SCOFFONI : Le logiciel libre enfin reconnu d’utilité publique en France ?

mardi 25 septembre 2012

Une nouvelle qui est apparue un peu comme une fuite. Personnellement c’est Thierry Stoehr qui m’a envoyé le lien vers le fameux document via Twitter.

Ce fameux document que l’on appelle déjà “La circulaire Ayrault” du nom de son signataire qui comme vous le savez est notre premier ministre est adressé à l’ensemble des ministres du gouvernement. La nature de cette communication est ce qui donne son poids au document. Ce dernier est le fruit du travail de la Disic (Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication).

La circulaire présente les logiciels libres et leurs différents avantages en mettant en avant les contextes qui sont favorables à leur utilisation tout comme ceux qui le sont moins. Sur ce dernier point j’ai été un peu étonné de voir les logiciels de gestion comme les ERP apparaître dans les cas défavorables et où il est recommandé de laisser les éditeurs de logiciel oeuvrer. Il existe pourtant des ERP libres développés par des communautés comme Dolibarr.

Le document semble appuyer une vision du logiciel libre constitué de modules très unitaires qu’il faut ensuite assembler pour construire une solution utilisable. Une approche valable peut-être pour les entreprises et les administrations, mais moins lorsqu’il s’agit de fournir des logiciels libres à des utilisateurs du grand public.

On trouve aussi une série de recommandations pour “bien utiliser” les logiciels libres. Parmi celles-ci, l’importance de la mise en commun et de la convergence des développements réalisés. Ceci afin de permettre d’identifier les versions de références et celles à abandonner d’un logiciel. Une approche qui doit éviter la multiplication des développements similaires ou redondants.

A ce titre, on peut voir là une sorte de mise sous gouvernance des logiciels libres et de leur développement au sein de l’état ce qui me semble indispensable si l’on ne veut pas voir se développer un grand bazar où chaque ministère développerait des outils quasi-identiques. La meilleure façon de gâcher l’argent public.

La contribution aux projets n’est pas oubliée ; sa nécessité est rappelée. Une proposition de réinjecter 5 à 10% des coûts de licences évités est même formulée.

Si ce document et la prise de position écrite du premier ministre constituent effectivement une avancée significative, il reste à voir ce qui sera dans les faits mis en oeuvre au sein des différents ministères. On est encore loin de la prise de position façon “Poutine” qui avait en 2011 fixé comme objectif de faire migrer la Russie vers les logiciels libres d’ici 2015.

- Philippe SCOFFONI