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Le journal du Libre

Pourquoi utiliser un éditeur de texte quand on rédige

jeudi 29 août 2019

Un rédacteur web doit aujourd’hui séparer le fond de la forme, le texte du support de publication. Pour cette raison, l’éditeur de texte (comme Git) est un redevenu un outil indispensable. Encore faut-il ne pas le confondre avec un traitement de texte.

Le traitement de texte est inadapté à… l’écriture

De nombreux auteurs et rédacteurs web écrivent aujourd’hui encore à l’aide d’un traitement de texte, un outil pourtant dédié à la bureautique et non à l’écriture.

Ils ont pour modèles des kilomètres de secrétaires, scientifiques, professeurs et autres cadres. Il n’est donc pas étonnant de constater que le bon vieux traitement de texte reste l’application d’écriture par défaut dans l’entreprise, l’enseignement et même auprès de très nombreux rédacteurs.

Il faut dire que les solutions ne manquent pas, entre les applications en dur et les applications web. C’est-à-dire entre les applications écrites pour les systèmes d’exploitation (Word, Pages, LibreOffice) et celles qui s’utilisent depuis un navigateur web (Google Docs, Word Online, Collabora, OnlyOffice).

La gratuité s’est même installée dans certaines enseignes, alors pourquoi s’en priver ? Tout simplement parce que le traitement de texte n’a pas été pensé pour l’écriture. Word et Google Docs ont en effet été inventés avec les contraintes du papier (et même de l’imprimante) en tête. Chaque document possède sa hauteur, ses marges, son pied de page. Des éléments absents d’un « écran », à plus forte raison à l’heure du design dit « responsive » (ou "adaptatif").

Un éditeur de texte va scinder le fond et la forme (ce qu’un traitement de texte ne peut faire)

Un rédacteur web (et un copywriter freelance) doit comprendre, lorsqu’il écrit, qu’il ne sait pas exactement quel format va adopter son texte. Ni même si ce texte sera visible uniquement sur un site web ! Il peut en effet être utilisé dans une application mobile ou un livre blanc.

S’occuper du format durant la phase de rédaction nous éloigne de notre but principal, écrire. C’est pour cela qu’il convient de privilégier un outil qui s’occupe exclusivement du texte et de sa structure principale. C’est ici qu’intervient l’éditeur de texte.

Nous avons tous, un jour ou l’autre, collé le texte d’une page web dans Word… avec des fortunes diverses. La même opération dans un éditeur de texte aurait permis de conserver le texte… et rien que le texte. Là est la première grande qualité d’un éditeur de texte : il se borne à afficher ce qui est écrit. Il n’ajoute aucun élément. Pas de code caché, de couleurs et ou autres tailles exotiques.

Une sorte de « retour aux fondamentaux de l’écriture » qui fait un peu penser au rôle originel de la machine à écrire, avec en bonus les fonctions absolument nécessaires au rédacteur moderne : glisser, déposer, exporter, formater.

Un éditeur de texte va scinder le fond de la forme

Les avantages de l’éditeur de texte quand on écrit ? On peut en citer trois principaux.

1. Un mode de saisie sans distraction. Aucune autre information ne vient parasiter le processus d’écriture ;

2. La possibilité d’exporter ses données comme bon nous semble. Que ce soit sous forme de texte formaté de type RTF, Word, PDF ou ePub. Ou encore par une opération de copié/collé dans un autre éditeur (un traitement de texte, un CMS) ;

3. Les éditeurs de texte ont été depuis longtemps la chasse gardée des développeurs. Certaines fonctions héritées de cet usage sont devenues particulièrement utiles aux rédacteurs. Parmi elles, la coloration syntaxique. Elle permet de vérifier la qualité d’un code ; par extension, elle offre de meilleurs repères dans un texte produit. Nous allons y revenir en évoquant le rôle du Markdown dans l’écriture web.

Ce que le Markdown apporte à l’écriture web

Quand on écrit un article de blog ou un texte pour une page web, il faut saisir peu d’informations relatives à la structure : gras, italique, niveau de titre (la fameuse syntaxe Hn développée ici).

Markdown répond parfaitement à ces besoins limités. Si le terme peu sembler intimidant, son principe est extrêmement simple. Cette écriture permet de se passer des balises HTML au profit de marqueurs universels.

Ainsi, pour mettre en gras une expression dans une phrase, on utilisera cette syntaxe :

J’écris, grâce à la double étoile, une série de **caractères en italique**.

Il suffit de sauvegarder le document avec l’extension .md pour que la syntaxe soit respectée.

L’un des grands avantages du Markdown est que le fichier produit est propre. Il peut être exporté vers d’autres formats (y compris LibreOffice/OpenOffice, Word ou HTML). La syntaxe réduite permet de se concentrer sur le texte et sa structure de base.

Git est-il adapté à l’écriture web ?

Curieusement oui, mais son interface reste très austère. Git est une application libre qui vient de fêter son 14e anniversaire. Si elle reste parfaitement adaptée à l’écriture informatique – et à la localisation de code -, elle offre un outil d’écriture sans distraction ou formatage, où la forme du contenu n’importe pas.

Une tribune signée Seth Kenlon et publiée sur le site opensource.com est éloquente à ce sujet. L’article regorge d’arguments en faveur de Git pour la rédaction : « On démarre en utilisant Git pour de petits tâches et plus on l’utilise, plus il conduit à se poser de questions. In fine, on apprend des choses. »

Article original publié sur le site artisanducontenu.be.

Cédric Godart