TOOLinux

Le journal du Libre

Rencontres Mondiales des Logiciels Libres

mardi 25 mai 2004

Libre Software Meeting

Du 5 au 9 juillet se tiendra la première rencontre des Logiciels libres (LSM ou Libre Sofwtare Meeting) à Bordeaux sur le campus de l’ENSERB. Cette rencontre est organisée par l’ABUL (Association Bordelaise des Utilisateurs de Linux). Il s’agit probablement du rassemblement libre le plus important de l’année. A cette occasion, TooLinux va vous permettre de suivre sur le Web le déroulement du LSM. 

L’objectif de cette rencontre est de réunir les différents acteurs du logiciel libre, de favoriser l’échange d’informations et de créér des synergies entre les différents projets libres. De nombreuses conférences et d’atelier permettront de découvrir les différents projets libres :

- Le noyau Linux
- La distribution Debian
- Ainsi que des débats :
- La loi et les logiciels libres
- Les logiciels libres pour la médecine

Thèmes

Langages de très haut niveau pour la création d’applications
Une introduction au langage Python, Lisp, Scheme. La productivité et la qualité des logiciels sront aussi abordés.

Sécurité
Les thèmes abordés seront la sécurité du noyau, les tests d’intrusion, et les politiques de sécurité.

Logiciels libres et développement
Linux dans les pays en voie de développement.

Uniformisation des distributions
Le besoins d’uniformiser les distributions.

Systèmes de fichiers évolués
Présentation des futurs systèmes de fichiers (distribués et journalisés). Hans Reiser vous présentera son système de fichier journalisé : ReiserFS.

Noyau
Un thème trés technique pour connaitre le coeur de Linux.

Bases de données
Une présentation des bases données Libres et un historique de MySQL.

Informatique musicale
Présentation des solutions hardware supportées et des différentes API.

Internationalisation
Le thème n’est pas encore défini.

Documentation
Les différentes sources de documentation et comment aider les différents projets.

Logiciels libres pour les aveugles et mal-voyants
Présentation des lecteurs d’écran et de la synthèse vocale.

Infographie
Présentation des outils Sketch et Gimp. Avancement de l’accélération 3D sous Linux (Xfree 4.0 et DRI).

Formats de données libres
Les avantages et les défauts des formats libres donc ouverts.

Logiciels libres pour l’éducation
Pourquoi choisir des logiciels libres dans l’éducation ?

Logiciels libres pour l’entreprise
Linux en entreprise : Les avantages des solutions libres et les modèles économiques du libre.

Logiciels libres pour la médecine
Une présentation de l’existant dans le domaine de la médécine.

Droit et logiciel libre
Frédéric Couchet (Président de l’April) et Jean Paul Smets vont nous rappeler les menaces des brevets logiciels.

Première Conférence Debian
La première réunion des créateurs de la Debian. Les sujets abordés sont la future distribution Potatoes et le développement de Hurd.

Les résumés des conférences et le direct

Sketch

Thème : 14
Conférencier : André Pascual
Date : 05/07/2000, 17h40
Langue : français
Niveau : débutant
Assistance : 70 personnes

André Pascual n’est pas programmeur, mais professeur de dessin industriel. Il est membre de l’ABUL ainsi que de LinuxGraphic. Sketch est un programme de dessin conçu par l’Allemand Bernard Herzog. Il est développé en langage Python, ce qui le rend stable et rapide (contrairement à l’idée que l’on peut se faire d’un langage interprété).

Ce n’est pas un programme de retouche d’image, comme GIMP par exemple, mais un programme de dessin vectoriel. Il est donc mieux adapté à l’apprentissage des arts plastiques. Démonstration sur une même image, représentant un pingouin :

- dans sa version d’origine Sketch (vectorielle), modification aisée : déformation/déplacement d’un oeil du pingouin en quelques secondes
- dans sa version exportée en JPEG (donc bitmap), difficile de modifier une zone précise
Les modifications de l’image sont rendues encore plus simples par l’utilisation de calques superposables (NDR : mais c’est également le cas pour les images bitmap, contrairement à ce que laissait entendre André Pascual...).

Bien que l’interface de Sketch puisse paraître assez rudimentaire, il est possible de réaliser des travaux complexes : plusieurs images de très grande qualité ont été présentées. Mais cela ne se fait pas tout seul pour autant : certaines de ces images ont nécessité plus de 20h de travail !! Alors que les premiers logiciels de dessin vectoriel ne permettaient que des applats, il est possible avec Sketch d’utiliser des dégradés, qui donnent le modelé de l’image. On peut ainsi simuler un effet 3D très satisfaisant, tout en travaillant uniquement en 2D.

Un petit manque à noter : peu de polices de caractères sont fournies avec Sketch, et la conversion des polices True Type se révèle assez "sportive"... André Pascual a donc invité les développeurs présents dans la salle à concevoir un outil dans ce but.

Enfin, Sketch permet d’importer et d’exporter des fichiers au format Illustrator, le standard du dessin vectoriel conçu par Adobe (NDR : l’exemple d’import d’un fichier Illustrator présentait néanmoins quelques problèmes au niveau de la mise en page...). Ceci permet de travailler directement avec un imprimeur pour les travaux professionnels.

LinuxGraphic, association fondée par Frédéric Toussaint récemment rejoint par deux autres personnes (Yves CECCONE, André PASCUAL), a réalisé la traduction de Sketch en français, la rédaction d’une documentation, ainsi que plus d’une centaine de cliparts disponibles gratuitement sur le Web.

FreeCLIM

Thème : 01
Conférencier : Robert Strandh
Date : 05/07/2000, 16h30
Langue : anglais
Niveau : confirmé (connaissances des problèmes du développement partagé)
Assistance : 30 personnes

Cette conférence était la dernière du thème "Langages de très haut niveau", les premières étant consacrées aux plateformes de développement et à Common Lisp.

CLIM signifie Common Lisp Interface Manager, et désigne un ensemble de fonctions dédiées aux développement d’interfaces graphiques. Il existe actuellement plusieurs implémentations de CLIM, mais celles-ci sont commerciales et assez chères (ce sont elles qui permettent de maintenir un prix élevé sur les distributions commerciales de Common Lisp).

CLIM étant devenu le standard de facto, l’idée est donc née d’en créer une implémentation libre. Ce projet est possible car les spécifications de CLIM sont publiques, et décrites dans un ouvrage de plus de 400 pages, divisé en 30 chapitres.

Le développement de ce projet FreeCLIM est très intéressant, car il illustre parfaitement les avantages de ce que l’on pourrait appeler le développement partagé (lorsque de nombreuses personnes travaillent chacune de leur côté sur un même projet).

Gilbert Baumann (NDR : qui était également présent dans la salle, et qui devrait bientôt répondre à nos questions) a implémenté les trois premiers chapitres des spécifications de FreeCLIM, et a diffusé son code sous licence LGPL.

Parallèlement, Mike McDonald annonçait avoir implémenté la moitié des spécifications, mais sans diffuser de code. Il s’est avéré que Mike avait choisi une optique différente de celle de Gilbert : plutôt que d’implémenter entièrement plusieurs chapitres, il avait implémenté partiellement tous les chapitres ! Robert Strandh a donc travaillé sur la fin de l’implémentation de plusieurs chapitres à partir du quatrième. L’implémentation des derniers chapitres a également été terminée : elle consiste en un ensemble de widgets (barres de défilement, etc.).

Le travail restant à effectuer est donc la fin de l’implémentation des chapitres du milieu. Robert Strandh prévoit qu’un toolkit utilisable en pratique devrait être disponible en octobre, en étant optimiste.

La création d’un serveur CVS dédié à FreeCLIM a permis d’en accélérer le développement. Plusieurs contributeurs ont ainsi pu ajouter des milliers de lignes de code. Il est cependant nécessaire que les développeurs communiquent entre eux pour bien exploiter ce principe, par exemple à l’aide d’une mailing list. En effet, comme plusieurs implémentations d’une même fonction sont souvent possibles, plusieurs développeurs peuvent avoir obtenu un code différent, et il est alors impératif de réfléchir pour décider laquelle de ces implémentations sera utilisée.

Selon Robert Strandh, pour un développement de cette ampleur, il est absolument crucial de partager les spécifications du projet. Dans le cas de CLIM, c’est le fait que des spécifications très précises aient été publiées qui a rendu le projet possible. Il considère également qu’il est très important de diffuser son code, même s’il n’est pas terminé ou qu’il contient des erreurs, de manière à ce que tout le monde puisse y avoir accès, le corriger ou l’améliorer au besoin, ou simplement s’en servir comme base de travail.

WIMS

Thème : 14
Conférencier : Georges Khaznadar
Date : 05/07/2000, 18h
Langue : français
Niveau : débutant
Assistance : 70 personnes

WIMS signifie WWW Interactive Mathematics Server. Ce programme, développé en français, en anglais et en chinois, est un exerciseur, c’est à dire un logiciel conçu pour permettre aux élèves de travailler certains exercices dans différents domaines des mathématiques. L’un des attraits de ce logiciel est que si plusieurs élèves travaillent simultanément sur le même exercice, chacun se verra proposer automatiquement une version différente de l’exercice, avec des données spécifiques. Selon le même principe, si l’élève tente de revenir en arrière (à l’aide de la fonction "Précédent" de son navigateur), les données du problème auront été modifiées. Le professeur peut donc être sûr que c’est bien sur la démarche que travaille l’élève, et non pas sur l’obtention du même résultat que son voisin...

Il est possible avec WIMS de créer des espaces pour enseigner, appelés "classes virtuelles". Un élève peut à tout moment rejoindre l’une de ces classes. Il pourra alors consulter la liste des exercices sur lesquels il doit travailler.

Pour permettre un développement rapide du nombre d’exercices proposés, un module de création d’exercices en lignes a été développé. Tous les types d’exercices ne peuvent pas encore être réalisés de cette manière, mais cela permet déjà de compléter rapidement la base d’exercices disponibles.

Il est également possible de consulter un ensemble de démonstrations, comme par exemple des tracés de courbes. L’élève rentre l’équation de la courbe à représenter, et il obtient très rapidement une animation du tracé de cette courbe. Il est même possible de faire afficher le tracé d’une surface, avec un résultat de très bonne qualité.

WIMS se base sur plusieurs logiciels libres, ainsi que d’autres "moins libres" (NDR : la notion de "moins libre" restant à définir...), parmi lesquels : TeX, GNU Plot, MuPad, Pari, Gap, Maxima, Octave et PovRay.