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Le journal du Libre

Salut public pour Linux et le libre en 2006 ?

mercredi 27 décembre 2006

La nette percée des solutions basées sur des logiciels Linux et des logiciels libres est de plus en plus perceptible au sein des administrations publiques. Ainsi, aux Pays-Bas, la municipalité de Groningen annonçait début août sa décision de se passer des services de Microsoft Office pour adopter OpenOffice.org. Groningen est à ce jour la ville néerlandaise la plus importante à franchir le pas vers une suite de productivité opensource. Ce sont ainsi rien moins que 330 000 euros qui devraient être épargnés la première année. La moitié de cette somme, soit 160 mille euros, sera allouée à la migration vers OpenOffice.org - un coût unique -. Le reste sera alloué à d’éventuels frais de licence s’il s’avère nécessaire de faire évoluer des suites "Microsoft Office" au sein de certaines administrations.

Le Conseil municipal souligne toutefois qu’il s’agit là d’une solution "ultime", annonçant que l’argent épargné devra être idéalement alloué à d’autres projets. Et la municipalité souhaite aller plus loin. Après Microsoft Office, c’est Windows qui est visé. Pour réduire sa dépendance aux éditeurs de logiciels, une - forcément moins évidente - migration vers GNU/Linux n’est pas exclue.

Plus récent et encore plus étonnant : les députés français utiliseront, après les législatives de juin 2007, des micro-ordinateurs sous Linux et quelques logiciels libres phares (Firefox/OpenOffice.org 2.0 pour ne citer que les plus connus). L’étude a été confiée à Atos Origin. La décision politique est l’aboutissement d’une démarche annoncée comme "consensuelle" : elle réunissait en effet des représentants du PS et de l’UMP.

Derrière cette « économie du libre » se niche également une industrie de plus en plus prospère. Exemple : la création d’un pôle de compétitivité est en marche en Ile de France. Le Ministre de l’Economie, Thierry Breton, s’est en effet prononcé favorable à la création d’un "pôle de compétitivité du logiciel libre et de l’open source" suivant le rapport sur "l’Economie de l’immatériel" commandé à Jean-Pierre Jouyet et Maurice Lévy au printemps 2006. Objectif de croissance : 3 à 4 %.

Un bureau provisoire assure la direction du pôle, composé de Robert Di Cosmo, François Bancilhon (Mandriva Linux), Alexandre Zapolsky (PDG de la SS2L Linagora) et Stéphane Fermigier (NUXEO). Les premiers effets sont déjà attendus pour 2007.

Pour Pierre-Antoine Rousseau, dont nous publions une tribune libre le 8 octobre dernier, le libre est une "arme" : "En s’engageant pour une politique européenne d’intelligence économique et proposant « la création d’un « ’pôle de compétitivité’ dédié aux logiciels libres, notamment sur les aspects liés à la sécurité », Bernard Carayon esquisse l’avenir d’une « Europe puissance », en quête d’indépendance technologique et susceptible de se poser en alternative face à la dominance des Etats-Unis dans le secteur des nouvelles technologies."

Le public n’est pourtant pas le seul secteur où le développement du Libre est sensilbe. Alexandre Zapolsky, Président de l’Association des sociétés de service en logiciels libres, interrogé jeudi dernier par VNU, corrige : "Détrompez-vous ! En tant que chef d’entreprise, j’ai signé plus de contrats cette année avec le secteur privé qu’avec le public. Et les 400 sociétés de services en logiciels libres en France travaillent plus souvent avec le privé qu’avec l’administration. D’abord parce que le secteur public concerne 15 % des marchés, contre 85 % pour les entreprises."