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Le journal du Libre

Ubuntu 12.10 : Affiliation, donation, de Charybde en Scylla ?

jeudi 18 octobre 2012

Ubuntu, je t’aime moi non plus

Que l’on aime ou pas cette distribution et Unity son bureau par défaut, il faut lui reconnaître d’indéniables qualités. La première et non des moindres : celle de représenter ce qui se fait de plus abouti dans le monde des distributions GNU/Linux. Un support matériel très satisfaisant, un côté Glamour, bling-bling façon MacOSX, un support de cinq années de ses principales versions ;bref bien des arguments pour l’adopter.

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title="Ubuntu" href="http://www.ubuntu.com/">Ubuntu reste la plus répandue des distributions, même si ces derniers mois ont vu monter en puissance le clone <a
title="Linux Mint" href="http://www.linuxmint.com/">Linux Mint. On pourrait se battre à coup de chiffres sur ce dernier point, mais je crois qu’il est difficile de nier cet état de fait.

Quant au modèle choisi par Mark Shuttleworth, je crois avoir déjà assez souvent répété qu’il ne me semblait en aucun cas adapté au logiciel libre. A l’open source par contre, cela ne fait aucun doute. La domination de la gouvernance sur un logiciel libre par une seule entreprise a été plus d’une fois la cause de terribles déconvenues.

Générer un revenu

Voilà qui est en effet l’objectif premier de Canonical. Aucun chiffre ne transpire à ce jour des résultats de la société. Une opacité qui lui est bien souvent reprochée.

La future version 12.10 d’Ubuntu semble contenir de nouvelles tentatives de monétisation de la distribution. C’est tout d’abord <a
title="Un adware Amazon dans Ubuntu 12.10 ou X-repetita, quel avenir pour le logiciel libre ?" href="http://philippe.scoffoni.net/adware-amazon-ubuntu-12-10-x-repetita-avenir-logiciel-libre/">le système d’affiliation avec la boutique en ligne Amazon qui est venu s’ajouter discrètement dans le résultat des recherches du bureau. Un dispositif qui vient compléter les services payants proposés par Canonical dont le principal est <a
title="Ubuntu One" href="https://one.ubuntu.com/">Ubuntu One. Un service qui est désormais <a
title="Un client Ubuntu One pour OSX (et un autre pour Windows…)" href="http://korben.info/un-client-ubuntu-one-pour-osx-et-un-autre-pour-windows.html">accessible depuis les systèmes MacOSX.

Les dons maintenant ?

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href="http://philippe.scoffoni.net/wp-content/uploads/2012/10/ubuntudonate.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-4826" style="margin: 5px; float: right;" title="Ubuntu 12.10 : Affiliation, donation, de Charybde en Scylla ?" src="http://philippe.scoffoni.net/wp-content/uploads/2012/10/ubuntudonate-202x300.jpg" alt="Ubuntu revenu logiciel libre don Canonical affiliation " width="202" height="300" />Voici que vient d’apparaître une nouvelle page lorsque l’on essaie de télécharger Ubuntu. Cette page incite l’utilisateur à faire un don. L’approche est assez particulière puisqu’il est possible de choisir à quoi sera employée la somme ainsi donnée.

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href="http://philippe.scoffoni.net/wp-content/uploads/2012/10/notnow-ubuntu.jpg"><img
class="alignleft wp-image-4827" style="margin: 5px; float: left;" title="Ubuntu 12.10 : Affiliation, donation, de Charybde en Scylla ?" src="http://philippe.scoffoni.net/wp-content/uploads/2012/10/notnow-ubuntu.jpg" alt="Ubuntu revenu logiciel libre don Canonical affiliation " width="154" height="50" />Bien sûr, tout en bas, il est possible de cliquer sur un bouton “Not Now”. Ceux qui ne souhaitent pas contribuer ainsi auront quand même droit à une petite tête de mort qu’ils apprécieront, je pense.

Je vois plusieurs défauts à cette page. Tout d’abord, vis-à-vis de nouveaux arrivants, il est possible qu’ils fassent demi-tour sans voir la possibilité de continuer sans payer.

Ce système de collecte de fond est inefficace. Le don n’est pas un modèle qui fonctionne aujourd’hui, à la limite le don a priori sur la base d’un projet bien marketé comme on le voit sur les sites de <a
href="http://fr.ekopedia.org/Crowdfunding">crowfunding. Mais a posteriori, c’est trop tard, car le produit est disponible.

De plus, donner de l’argent à une entreprise, voilà qui est pour le moins déroutant. En général, on donne à des associations ou fondations ; pas à une société domiciliée dans <a
title="Île de Man" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Man">un paradis fiscal.

Quant à la destination finale des fonds qui transitent donc par Canonical, ils sont, n’en doutons pas, à destination unique du projet Ubuntu <a
title="Contributions come in many forms " href="http://blog.canonical.com/2012/10/09/contributions-come-in-many-forms/">comme l’affirme haut et fort Steve George, VP of Communications and Products à Canonical.

Au fait quelqu’un a-t-il accès aux comptes pour s’en assurer ? Encore une fois, l’obstacle de la gouvernance par une entreprise d’un logiciel libre rend cette option du don inappropriée.

Le don doit rester réservé aux associations et fondations dont la gestion se doit au moins d’un minimum de transparence ou tout du moins celle-ci est-elle exigible. De plus seuls ces dernières permettent dans la plupart des pays de faire bénéficier les donateurs de réduction d’impôts quand ils en paient. Un levier à ne pas négliger surtout si on s’adresse aux entreprises.

Demain ?

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title="Ubuntu : Canonical souhaite rattraper son retard sur le marché des jeux vidéo La suite sur Clubic.com : Ubuntu : Canonical souhaite rattraper son retard sur le marché des jeux vidéo" href="http://www.clubic.com/linux-os/debian/ubuntu/actualite-516185-ubuntu-canonical-souhaite-rattraper-retard-jeux-video.html">Les jeux certes semblent être une piste qui n’est pas inintéressante, mais elle prendra encore pas mal de temps avant de pouvoir peut-être imposer Ubuntu comme la plate-forme des Gamers, quand on sait la difficulté à obtenir des pilotes graphiques réellement performants pour le noyau Linux.

La question qui tourne dans mon esprit, ce soir, est de savoir ce que Canonical va imaginer demain si ce qui est actuellement mis en place échoue à générer des revenus significatifs comme je le crains. J’avoue être inquiet.

Le conseil que j’oserais donner à Canonical serait d’axer ses efforts sur les services accompagnant Ubuntu. Ces derniers restent à ce jour la source de revenus à privilégier pour les entreprises portant du logiciel libre. Une approche qui reste, à mon sens, la plus respectable vis-à-vis des libertés de l’utilisateur, tant que ces services ne sont pas obligatoires.

- Philippe SCOFFONI