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Le journal du Libre

Tout ce qu’il faut savoir sur Firefox 65 (et sur la polémique Chromium)

jeudi 31 janvier 2019

La Fondation vient de rendre disponible la version 65 stable de son navigateur de bureau Firefox pour Linux, macOS X et Windows. Toujours plus de protection de l’utilisateur au cœur de sa démarche. Pendant ce temps, un débat fait rage : faut-il se ranger du côté du moteur Chromium ou... résister ?

Mozilla annonce, avec Firefox 65, une série de nouveautés et d’améliorations autour de la fluidité de la navigation (dont la continuité désormais sur les produits Apple avec HandOff) et la protection contre le pistage des utilisateurs, notamment contre la publicité.

Firefox 65 introduit une gradation dans le niveau de blocage a priori des contenus : standard, strict ou personnalisé. Firefox supporte désormais le format d’images WebP et la compression AV1 sous Windows. Pas encore de blocage de Flash par défaut : ce sera pour la version 69.

La protection contre le pistage en vidéo

Regardez la version francophone de la vidéo :

L’annonce officielle se trouve sur le blog de Mozilla, désormais aussi en français, avec des captures d’écran et des détails.

La polémique Chromium

Un tweet posté par un cadre de Microsoft fait polémique depuis quelques jours. On le doit à Kenneth Auchenberg, un cadre de l’entreprise.

L’expert estime que la décision de Microsoft de se passer du moteur EdgeHTML pour rejoindre le projet Chromium de Google était la bonne, car le web est aujourd’hui selon lui "dominé par Chromium". Au contraire de l’époque où Microsoft Internet Explorer occupait ce même rôle, la situation est fondamentalement différente : Chromium est un projet open source auquel chacun peut contribuer.

Pour lui, Mozilla doit "redescendre de sa tour d’ivoire" et cesser de développer son propre moteur et de "créer un univers parallèle." Il avance les maigres 5% de parts de marchés crédités désormais à Firefox (lesquels fondent au fil des saisons). Auchenberg lance un débat : pourquoi Mozilla ne ferait-il pas comme Opera, Brave et d’autres acteurs du marché, à savoir rejoindre de tout son poids Chromium pour influencer sa direction ?

Réponse d’un autre cadre, de Mozilla cette fois : en substance, "ce n’est pas parce que l’employeur d’Auchenberg a baissé les bras que le reste du monde doit le faire." Traduction : le projet Chromium a beau être open source, il suivrait toujours l’agenda dicté par Google.

Le débat est posé et ne manque pas d’arguments... des deux côtés de la "tour d’ivoire" : vous pouvez le suivre sur les réseaux sociaux.

Curieux par contre : cette attaque s’adresse uniquement à Firefox et évite de poser le même débat pour Apple, qui continue de développer Safari sur base de Webkit, un autre projet open source.

C.G.