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Le journal du Libre

Google et OVH : pourquoi cette annonce peut surprendre

mardi 17 novembre 2020

La nouvelle a fait grand bruit. OVH a ouvert ses portes et serveurs à Google Cloud, dans un accord inédit. Pour un acteur comme Scaleway, cela s’explique, mais pose également question.

C’est officiel depuis le 9 novembre : OVHcloud et Google Cloud sont désormais partenaires. Le partenariat vise à faire reposer les données sur une "infrastructure de confiance, pour répondre à leurs besoins croissants en matière de contrôle strict des données, de sécurité, de transparence et de confidentialité". La nouvelle offre Hosted Private Cloud combine ainsi la technologie Anthos de Google Cloud, compatible avec les technologies Open source, depuis sa propre infrastructure dédiée. Elle sera entièrement exploitée et gérée en Europe.

Tandis que le Privacy Shield a été invalidé et que les initiatives - incluant GAIA-X - se multiplient pour concrétiser la vision européenne partagée dans la "Stratégie européenne pour les données", l’alliance OVHcloud-Google dévoilée la semaine dernière peut surprendre. Yann Lechelle, CEO du fournisseur cloud français Scaleway, s’est ainsi exprimé dans un communiqué sur le phénomène et les risques qu’ils représentent :

« Alors que la conscience collective du manque général de souveraineté s’installe, les acteurs clés du monde numérique sont confrontés à un défi redoutable en Europe. Les grands acteurs de la tech font face à une véritable levée de boucliers alors que s’élève la conscience citoyenne de la trop forte dépendance technologique auprès d’acteurs extraterritoriaux. Google est challenger dans cette course effrénée vers la dominance du cloud, un marché à plus de 300 milliards par an. Leur recherche d’alliance avec des acteurs locaux est astucieuse, mais presque nécessaire pour rester dans la course. Le risque pour les acteurs locaux qui se livrent à de tels partenariats est de voir leur proposition se réduire aux couches basses de l’infrastructure Cloud, et par conséquent, de ne pas bénéficier pleinement de la forte valeur ajoutée liée à l’écosystème de développement logiciel. A ce titre, ils s’exposent à porter le risque financier de l’infrastructure sous-jacente sans bénéficier ni des avantages du PaaS, ni de la relation essentielle avec les développeurs. »