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Logiciel libre et gratuit : ce qu’il faut savoir sur le modèle Free-Free

dimanche 4 décembre 2022

Après avoir évoqué un modèle d’exploitation hybride baptisé COSS (pour Commercial Open Source Software) dans cet article, nous allons aborder un autre grand modèle économique possible pour les éditeurs de logiciels, qui repose lui sur le service, la formation et le support. On les appelle "éditeurs de logiciels libres et gratuits".

De quoi parle-t-on exactement ?

Dans le modèle économique d’édition logiciel « Free Free » ou encore « libre et gratuit » :

- Le code est ouvert, disponible et communautaire
- Le droit d’usage du logiciel est gratuit
- La formation et le support logiciel sont majoritairement assurés par une communauté de développeurs ou la société éditrice dans le cas où le logiciel n’est pas purement communautaire
- Les services d’intégration et de formation sont disponibles auprès de prestataires spécialisés (Société de Services en Logiciels Libres) ou de la société éditrice.

Bon à savoir : Free and open-source software (F/OSS, FOSS) ou free/libre/open-source software (FLOSS) sont des expressions qui renvoient à des logiciels libres et des logiciels à code source ouvert avec des cultures et des philosophies divergentes.

Quels avantages ?

Le choix de logiciels libres ouverts (modèle « free free » ou « libre & gratuit ») permet notamment, dans le cas de contrats de support à engagement de moyens, de limiter des migrations imposées vers les dernières versions des logiciels et de s’appuyer sur des modèles et formats de données standards.

Que se passe-t-il si le produit est obsolète ?

Dans le cas où le produit devient obsolète (le plus souvent au profit d’une solution plus innovante, voire plus mature), il peut s’avérer nécessaire de procéder à la migration de la solution. Le processus d’obsolescence est généralement lent et l’utilisateur de la solution a le temps de se retourner pour organiser la migration.

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Quid en cas d’abandon ou de divergences ?

Il est important de souligner ici que les solutions libres n’offrent pas toujours la garantie d’être des solutions à l’état de l’art. Elles peuvent, tout comme une solution propriétaire, péricliter.

Cela implique de prendre en compte certains critères spécifiques tels que le dynamisme de la communauté ou la qualité du code, afin de s’assurer au mieux de la longue vie du logiciel visé. Au moins de sa reprise par les équipes internes dans le cas où la communauté se disperserait ! La démarche reste néanmoins fondamentalement similaire à celle du choix d’un logiciel propriétaire où l’on doit s’assurer de la solidité économique de l’éditeur.

Si une difficulté survient pour un logiciel Open Source Free Free (défaillance de l’éditeur, divergences de vue sur l’orientation du produit ou dans la gouvernance), il est toujours possible pour une communauté de développeurs ou d’utilisateurs de continuer à faire évoluer le produit : reprise du projet ou fork du projet. Ce fut notamment le cas avec la rupture entre owncloud et NextCloud.

Combien bien choisir ?

Les critères à prendre en compte sont :
- La maturité
- La significativité de références en terme de déploiement
- Le dynamisme de la communauté et du projet

Ce sont généralement des critères de pérennité relativement simples à évaluer. Ainsi, un logiciel libre leader sur son secteur offre de meilleures garanties de pérennité que des solutions propriétaires à taux d’adoption équivalent. De ces modèles découlent des modalités de support différentes.

Il est donc indispensable de choisir le bon acteur en fonction de sa stratégie produit.

Avec le concours de l’OSSA (Open Source Software Assurance). Cette entité accompagne les DSI dans la gouvernance de leur catalogue de logiciels libres