TOOLinux

Le journal du Libre

Malgré les tensions, les premiers labels GAIA-X seront officialisés en 2022

lundi 22 novembre 2021

Après s’être ouvert aux entreprises non européennes, le projet de Cloud souverain européen fait l’objet de nombreuses critiques ces derniers mois. Il ambitionne pourtant toujours de livrer ses premiers labels l’an prochain. Un de ses acteurs de poids vient pourtant de claquer la porte avec fracas : Scaleway n’y croit plus.

En juin 2020, la France et l’Allemagne officialisaient la mise en œuvre d’une infrastructure européenne de données pour concurrencer les principaux acteurs du secteur, européens et chinois. Le projet GAIA-X était né, fruit de deux années de travail, avec pour ambition de créer un Cloud souverain européen de confiance.

Lors de son annonce, 22 entreprises, onze allemandes et onze françaises, officialisaient leur collaboration, parmi lesquelles SAP, Atos, OVH et Dassault, Scaleway ou encore Deutsche Telekom. Prévu à l’origine courant 2021, GAIA-X accuse du retard et fait face à un première défection ennuyeuse, celle de Scaleway.

Pourquoi ? « Les initiatives prises jusqu’à ce jour ne comblent pas les attentes de tous », estime Yann Lechelle, DG de Scaleway. Conséquence : « Mon entreprise ne renouvellera pas son adhésion à GAIA-X. Les objectifs de l’association, quoique louables au départ, sont de plus en plus détournés et contrariés par un paradoxe de polarisation ayant pour conséquence de renforcer le statu quo, c’est-à-dire une concurrence déséquilibrée. Scaleway choisit de consacrer son temps, ses capitaux et son attention à améliorer son offre multicloud, un facteur clé pour une véritable réversibilité et ouverture. »

Il faut dire que, depuis la signature de l’accord, des entreprises américaines et chinoises ont été accueillies au sein de GAIA-X, dont Microsoft, Google, Alibaba et Google. S’il n’est pas possible pour elles d’intégrer le conseil d’administration du projet, elles participent bien aux comités techniques. De plus, de nombreuses associations présentes au CA de GAIA-X représentent clairement... les intérêts de ces organisations. Autant dire : le loup est entré dans le bergerie.

Avec ou sans Scaleway, Gaia-X poursuit son développement et fédère désormais plus de 300 entreprises et associations. Il est prévu d’accorder les premiers labels de conformité en 2022, selon directeur général Francesco Bonfiglio.

Au terme de sa conférence annuelle qui s’est tenue la semaine dernière à Milan, Bonfiglio a affirmé que labels pourront être fournis à trois niveaux : un premier niveau qui n’imposera que des spécifications techniques, en matière d’interopérabilité ou de réversibilité des services. Le second imposera la localisation des données en Europe. Quant au niveau 3, il imposera que l’opérateur du service cloud soit fondamentalement européen. Le référentiel devrait être publié d’ici la fin du premier trimestre 2022.

La semaine dernière, l’association a été adoubée par la direction générale de la concurrence de la Commission européenne. La DG Concurrence a reconnu des « pratiques d’adhésion transparentes, objectives et non discriminatoires, des processus décisionnels inclusifs et des groupes de travail et activités ouverts ».