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Le journal du Libre

Bilan 2011 : Je crois encore aux logiciels libres ?

mercredi 28 décembre 2011

Pourquoi les logiciels libres ?

C’est la question par laquelle, j’ai décidé de débuter mon auto-questionnement. Je les ai rencontrés en 2003. Avant, j’avais bien entendu parler de Linux et de ces systèmes d’exploitation dont il fallait compiler les programmes pour obtenir certaines fonctionnalités. Je me souviens même de mon étonnement lorsqu’un collègue m’avait annoncé qu’il avait du compiler le serveur Apache pour ajouter le support du SSL. C’était dans les années 2000.

Je suis venu aux logiciels libres par besoin. A l’époque, je cherchais un outil de gestion de contenus. Un outil pas cher voire gratuit, pour réaliser l’intranet de la société pour laquelle je travaillais. C’est SPIP qui avait alors retenu mon attention.

On le voit ici : aucune démarche idéaliste à l’origine, juste un besoin. Le reste s’est enchainé plutôt logiquement : apprentissage d’une distribution GNU/Linux pour héberger l’intranet (Red-Hat 8 puis rapidement Debian 3), expérimentation d’une distribution sur un poste de travail (Fedora 4 puis Ubuntu) et enfin la création de ce site, où je décidais de consigner mes lectures, découvertes et recherches numériques autour de ce sujet.

Ce site existe depuis maintenant plus de trois ans. Quand je relis mes premiers articles, on va dire la première et deuxième année, je découvre une approche peu critique des logiciels libres et de l’open source, même s’il m’arrive de dire haut et fort que je placerais toujours le besoin de l’utilisateur en première place de mes critères de choix. Je suis quand même plutôt un bon fan. Les temps passant, le ton change et cette année aura été marquée par pas mal de billets que je qualifierais de <a
title="Tout n’est pas troll, le logiciel libre autrement" href="http://philippe.scoffoni.net/tout-nest-pas-troll-le-logiciel-libre-autrement/">trollesque au sens que j’en avais donné ici.

Il n’en reste pas moins que je suis venu aux logiciels libres pour le partage de la connaissance. Ils correspondent dans l’esprit à cette nouvelle société que je souhaite voir apparaître : <a
title="Société de la connaissance : Surgissement d’un nouveau monde" href="http://philippe.scoffoni.net/societe-connaissance-surgissement-nouveau-monde/">la société de la connaissance.

Que reste-t-il du fan boy ?

Mes péripéties techniques, professionnelles, des rencontres, mais aussi les très nombreux échanges que j’ai pu avoir autour de ce site et les idées que j’ai pu proposer m’amènent hélas à un constat assez amer. Cette année écoulée n’a hélas rien changé <a
title="Pourquoi l’open source marche et pas le logiciel libre ?" href="http://philippe.scoffoni.net/pourquoi-open-source-marche-et-pas-logiciel-libre/">au constat que je faisais il y a presque douze mois.

Je ne sais pas si c’est mon état d’esprit vis-à-vis du libre ou si c’est un fait, mais je vois de plus en plus de “déçus” du libre exprimer leurs doutes depuis quelque mois. Mais ce n’est peut-être pas nouveau. Peut-être y suis-je plus attentif qu’auparavant.

Dois-je me qualifier de déçu du libre ? D’une certaine façon non, car je continue de l’utiliser, de le promouvoir et de le mettre en place quand je le peux. Mais à coté de cela le logiciel libre me donne l’impression de piétiner, patiner. Comprenons-nous bien, je parle de l’éthique, des valeurs ; pas des logiciels sous licences libres que l’on retrouve de plus en plus dans les “nuages” ou dans nos terminaux informatique modernes.

Faut-il jeter le bébé et l’eau du bain pour autant ? Certainement pas. Il existe des travers dans le modèle du logiciel libre. Des travers liés aux évolutions technologiques que des nouvelles licences ou versions de licence ont tenté d’endiguer. Mais rien n’y fait. Seul l’ouverture du code progresse en s’appuyant sur des business models de ce que je n’hésite pas à qualifier d’ancienne économie. Celle, où il faut faire un business plan, chercher des investisseurs, créer une entreprise pour parfois au final adopter des comportements et des façons de faire qui n’ont rien à envier aux fameux logiciels “privateurs”.

Et pour demain ?

Nous avons d’un coté des logiciels payants pour tout le monde et tant pis pour ceux qui n’ont pas les moyens, ceux-là n’ont qu’à vivre dans l’illégalité et de l’autre des logiciels gratuits pour tout le monde y compris pour ceux qui auraient les moyens de payer, car ils génèrent grâce à ces derniers des sommes phénoménales sans parfois retourner un centime.

J’aimerais voir émerger un modèle plus équilibré ou équitable du logiciel libre. Un modèle qui probablement ferait hurler les puristes du libre car il imposerait des ruptures avec les dogmes existants. Un modèle qui placerait l’utilisateur aux commandes des projets car c’est la meilleure façon de l’impliquer et de lui faire adopter ces logiciels que l’on fera par lui et avec lui car un logiciel ce n’est pas que du code ni que de la documentation.

Tout n’est pas noir , il y a des lumières dans le logiciel libre, mais trop rares à mon goût face à la généralisation du modèle de l’éditeur open source. Un impression renforcée par l’apparition de plus en plus systématique d’entreprises en remplacement de communautés pour porter des logiciels libres et qu n’aboutit en général qu’à libérer du code. Comme si aucun autre modèle ne pouvait exister.

J’aurais l’occasion durant l’année qui vient de vous proposer une vision plus structurée de ce que je n’ai jusqu’à présent que peu formalisé. Donc “Restez connecté” <img
src='http://philippe.scoffoni.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt="logiciel libre Humeur " class='wp-smiley' title="Bilan 2011 : Est ce que je crois encore aux logiciels libres ?" /> !

- Philippe SCOFFONI