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Le journal du Libre

Du bilan des États Généraux de l’Open Source 2013

dimanche 3 février 2013

Extraits :

Silicon.fr – Quelles ont été les motivations à l’origine des premiers États Généraux de l’Open Source ?

Alexandre Zapolsky – Le marché de l’open source et du Logiciel libre a connu au cours des 10 dernières années un formidable développement. Cette croissance a été rendue possible grâce au dynamisme et à la vitalité des acteurs de l’écosystème, mais aussi à la maturité et à la robustesse des propositions technologiques du secteur.

Cela a permis à la France et à ses entreprises de figurer dans le peloton de tête des pays performants dans le domaine de l’open source. Mais aujourd’hui ce leadership est remis en cause par des initiatives prises dans d’autres pays, en Europe notamment, tels que l’Italie et le Royaume-Uni.

Par ailleurs, en France, l’écosystème de l’open source et du logiciel libre est très éparpillé avec un nombre très important d’acteurs de taille limitée. Il est aussi insuffisamment structuré pour répondre aux défis actuels et pour constituer un interlocuteur crédible des pouvoirs publics.

C’est fort de ce constat, que j’ai pris l’initiative de proposer au Syntec Numérique d’organiser ces États Généraux. Pour tout vous dire, j’en avais fait le point clé de ma candidature au conseil d’administration du Syntec Numérique. Et je n’ai eu de cesse que de porter ce projet parce que j’étais, et je reste convaincu, que toute la filière doit prendre le temps de la réflexion pour analyser ses atouts, mais aussi ses marges de progrès.

Ces États Généraux doivent nous aider à établir un diagnostic partagé, mais aussi à proposer des mesures pour améliorer la compétitivité de notre secteur d’activité. C’est très important, car notre écosystème est en réalité au service d’autres écosystèmes. Il est ainsi au service de l’amélioration de la performance publique et au service de la compétitivité de l’ensemble du tissu économique de notre pays.

Qu’avez-vous pensé de l’intervention de la ministre Fleur Pellerin lors de l’évènement ?

Deux idées fortes de son intervention :

La ministre a réaffirmé sa volonté, et celle du gouvernement, d’accompagner le renforcement de la filière open source dans notre pays, car c’est une chance pour la compétitivité de notre économie et pour l’amélioration de la performance publique. Mais elle nous a aussi adressé un message : « structurez-vous mieux pour que le gouvernement puisse mieux vous aider ». Je crois que nous devons vraiment entendre ce message et le traduire en actions concrètes.

Pour finir sur ce point, je dirai que j’ai aussi été très sensible à sa volonté de faire émerger des champions nationaux dans le domaine du logiciel libre pour que, notamment, ils puissent se projeter sur les marchés internationaux et être compétitifs avec leurs grands concurrents étrangers. De ce point de vue, j’ai trouvé que l’intervention de la DGCIS (Direction générale compétitivité, industrie et services) était dans la droite ligne de celle de Fleur Pellerin.

Et pour avoir été cité comme un de ces champions nationaux du logiciel libre par la ministre, je dois avouer que j’attends avec impatience les nouveaux appels à projets pour les investissements disruptifs. Les débats autour de la valeur et du renforcement de la filière open source vont-ils se traduire par des actions concrètes ?

(...)

Je plaide, enfin, pour la constitution d’une grande fédération nationale du logiciel libre qui rassemblerait non seulement les clusters régionaux, mais aussi les entreprises, notamment les éditeurs, qui pourraient y adhérer directement.

Cette fédération pourrait s’ouvrir également aux utilisateurs. Je pense que notre écosystème a tout intérêt à la constitution de cette fédération et je rappelle au passage que c’est une demande que nous a faite la ministre en ouverture des États Généraux.

- Source : Silicon.fr