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Le journal du Libre

Pourquoi l’open source marche et pas le logiciel libre ?

mardi 4 janvier 2011

Pour que mon questionnement soit bien interprété, je vais tenter d’en expliquer le contexte précis. On oppose souvent open source et logiciel libre. Le premier a fait le choix de ne s’en tenir qu’aux aspects pratiques du logiciel libre, c’est-à-dire l’ouverture du code et n’oublions pas c’est le point n° 1 de la <a
href="http://www.opensource.org/osd.html">définition de l’open source sa libre diffusion.

Ce qui fait que du point de vu des licences les différences sont faibles. Les <a
href="http://www.gnu.org/licenses/license-list.fr.html">licences de logiciels libres définis par la Free Software Fundation sont aussi des <a
href="http://www.opensource.org/licenses">licences open source.

Ce qui m’amène à reconnaitre le côté racoleur et le non-sens du titre de cet article. Si l’open source marche, le logiciel libre aussi.

Seulement, il y a une différence. On utilise le terme open source dans le monde des entreprises, dans le monde des “Affaires” pour ne pas effrayer décideurs et actionnaires avec le mot “libre” porteur d’une aura anarchiste. Je suis libre donc je fais ce que je veux.

Passons sur cette erreur de jugement, car les logiciels libres ne permettent pas de faire tout ce que l’on veut. Pas plus que les licences libres et par extension ce que l’on appelle <a
href="http://www.road2mayotte.org/blook/?article40/culture-libre">la culture libre.

Il est désormais acquis dans ce monde des entreprises que l’open source est devenu une approche incontournable. Tellement incontournable que les géants comme <a
href="http://www.lemagit.fr/article/linux-linagora-opensource/7801/1/etat-monde-oracle-souffle-vent-glacial-sur-open-source/">ORACLE en viennent à les absorber pour mieux les éliminer de peur de les voir progresser.

Si on se tourne vers l’informatique de monsieur tout le monde le tableau n’est pas le même. Microsoft n’a à priori aucune velléité à absorber Canonical pour éliminer sa distribution GNU/Linux devenue trop encombrante. Le logiciel libre bien qu’ayant réussi quelques belles opérations comme Firefox reste bien discret et méconnu.

J’en viens donc à mon questionnement. Pourquoi le logiciel libre ne parvient-il pas à percer sur le poste informatique de monsieur tout le monde (appelons-le M. Michu c’est plus court et convenu) ? N’y aurait-il pas une faille dans l’approche ? En fait est-ce que cela intéresse M.Michu d’utiliser un logiciel libre parce qu’il est libre ?

La réponse est souvent négative. C’est la valeur d’usage qui l’intéresse. Un peu comme dans les entreprises. Ce qui prime c’est la pertinence du résultat. Un projet à base de logiciel open source a des composantes différentes d’un projet utilisant des logiciels propriétaires ou “privateurs”. Mais <a
title="Comment vendre un projet open source à sa direction #2 – Les arguments" rel="nofollow" href="http://philippe.scoffoni.net/comment-vendre-un-projet-open-source-a-sa-direction-2-les-arguments/">les avantages existent et sont bien réels et perçus par les entreprises. Il est même surprenant d’<a
title="Les logiciels libres (et pas open source) sur BFMRadio" rel="nofollow" href="http://philippe.scoffoni.net/les-logiciels-libres-et-pas-open-source-sur-bfm/">entendre ce monde des affaires commencé à employer le terme logiciel libre comme si il devenait désormais acceptable. Les entreprises en avance sur les particuliers ?

Un autre point aussi qui attire M.Michu, c’est la marque, le marketing et là aussi le logiciel libre est parfois, souvent, toujours (rayer la mention inutile) mauvais élèves. Alors, certains diront “on s’en fiche, s’ils ne sont attirés que par ce qui brille alors tant pis pour eux”. Ce qui revient à accepter d’abandonner M.Michu à son triste sort ce qui personnellement me désole.

Pourquoi ce qui marche avec les entreprises et ce qui les a séduits ne serait pas applicable avec M.Michu ? Pourquoi ne devrait-il pas exister une grande marque de logiciel libre ?

Mozilla est à mon sens une réussite en la matière. Son approche du développement et de la conception des logiciels est totalement ouverte et pourtant ce n’est pas sa finalité. Son slogan est clair :

<p style="text-align: center;">We Believe in an Open Web and we’re dedicated to keeping it free, open and accessible to all.

<p
style="text-align: justify;">Nous croyons dans un Web ouvert et nous sommes dévoués à le conserver libre ouvert et accessible à tous (traduction personnelle et approximative)

<p
style="text-align: justify;">C’est le web la finalité de Mozilla. Et, je crois que cela parle plus à M.Michu que “Nous croyons dans les logiciels libres et nous sommes dévoués à la réalisation d’un navigateur web libre ouvert et accessible à tous”. A tel point d’ailleurs que beaucoup d’utilisateurs de Firefox ignorent qu’il s’agit d’un logiciel libre. Je pense qu’une partie du succès de Mozilla tient dans cette approche où le logiciel libre est un moyen mais pas une finalité.

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style="text-align: justify;">C’est ce que je dis aussi parfois à certains adhérents ou futurs adhérents de mon <a
href="http://miramap.org/">AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) qui pense d’abord aux produits qu’ils vont pourvoir acheter au travers de notre association : nos achats sont un moyen d’atteindre notre finalité : soutenir les petits producteurs de notre région respectueux de l’environnement.

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style="text-align: justify;">Le logiciel libre me semble donc avant tout un moyen de libérer M.Michu et sa famille, mais pas la finalité de notre action. Mais j’enfonce là une porte ouverte,car l’objet de la FSF est bien de “promouvoir la liberté de l’utilisateur d’ordinateur et défendre les droits des tous les utilisateurs de logiciel libre” pas de faire des logiciels libres.

<p
style="text-align: justify;">Alors, je dirais que le logiciel libre est un moyen nécessaire et indispensable, mais pas suffisant pour libérer M.Michu de son ordinateur. Les commentaires constructifs et argumentés sont les bienvenus !

Philippe SCOFFONI