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UEFI et Microsoft : La Fondation Linux pieds et poings liés ?

mercredi 28 novembre 2012

Secure Boot pour votre bien

Conçu pour sécuriser le démarrage et le fonctionnement de nos ordinateurs récents, ce mécanisme impose que le système d’exploitation soit “signé” pour que le matériel puisse le reconnaître. Cette signature est incluse dans ce qui sert à nos ordinateurs pour démarrer : le BIOS.

Microsoft Windows 8 a été conçu pour exploiter ce mécanisme. Revers de la médaille une machine sur laquelle est activée Secure Boot refusera de démarrer avec un autre système d’exploitation, y compris une version précédente de Windows.

Une seule solution, désactiver dans la configuration du BIOS l’option. Mais là c’est Windows8 qui refusera de s’exécuter. On voit donc que ce mécanisme bloque désormais ce que les geeks appellent le “double boot” et qui permettait sur une même machine de démarrer Windows ou un système d’exploitation de type GNU/Linux.

Des contournements

Les grandes distributions GNU/Linux ont cherché comment contourner techniquement cet obstacle. Red Hat a fait le pas d’acheter un certificat pour pouvoir l’inclure dans sa distribution Fedora. D’autres distributions comme Ubuntu ou OpenSuse ont également proposé leurs solutions.

Celle choisie par la Fondation Linux se veut universelle. Elle consiste en un petit bout de programme qui viendrait s’intercaler avant le lancement du système GNU/Linux. Ce programme sera chargé de “sécuriser” le démarrage en ne nécessitant pas de désactiver Secure Boot. Cette solution serait valable pour toutes les distributions.

Seulement voilà, il faut que Microsoft signe ce programme et visiblement ce dernier n’est pas pressé. Au final on peut se demander si la Fondation Linux n’est pas en train de se lier pieds et poings au bon vouloir de Microsoft… Qu’adviendra-t-il lors de prochaines mises à jour de Windows ? Un remède pire que le mal ? Plutôt que la technique déplacer la recherche de solutions sur le plan réglementaire et la lutte contre la vente lié n’aurait-il pas été plus profitable ? les questions sont posées.

- Philippe SCOFFONI