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Le journal du Libre

Les résultats de l’étude OPIIEC « Impact du logiciel libre en France »

jeudi 2 avril 2009

Forte croissance du logiciel libre – Généralisation d’un modèle libre / propriétaire

Initiée en 2008 par l’OPIIEC, Observatoire Paritaire des Métiers de l’Informatique, de l’Ingénierie, des Etudes et du
Conseil, et réalisée par Pierre Audoin Conseil (PAC), l’étude « Impact du logiciel libre en France » fait le point sur
les implications économiques et humaines du logiciel libre. Décideurs informatiques, développeurs et chef de
projets, dirigeants de SSLL (Sociétés Spécialisées en Logiciel Libre), SSII, éditeurs de logiciels, responsables
d’associations, de pôles de compétitivité et influenceurs ont été interrogés dans le cadre de cette étude.
Le marché français présente une appétence particulière pour le logiciel libre qui représente 3,6% de la demande
en logiciels et services (soit 1105 millions d’euros). Ce marché devrait croître de façon significative dans les 4 à 5
prochaines années, pour atteindre 10% de la dépense en logiciels et services.

La demande est actuellement très forte dans les administrations et dans la haute technologie (systèmes
embarqués, temps réel…). Les autres secteurs économiques tendent à rattraper leur retard mais la stabilisation du
ou des modèles économiques du logiciel libre s’avèrent nécessaires.

Couplée avec l’industrialisation du marché, la croissance du logiciel libre est un des facteurs de changement pour
le marché français des logiciels et services. Aujourd’hui, le logiciel libre entre largement dans l’architecture des
systèmes d’information (54% des directeurs ou responsables des systèmes d’information utilisent aujourd’hui des
composants libres dans leur système d’information) et l’approche mixte / libre / propriétaire à tendance à se
généraliser.

Compétences et développement du logiciel libre

Si 78% des développeurs interrogés utilisent du logiciel libre dans leur entreprise, 56% d’entre eux estiment que
les compétences informatiques requises pour le logiciel libre diffèrent de celles du monde propriétaire.

La France a fait partie des pionniers en matière de développement open source, avec une génération
d’informaticiens largement formée au logiciel libre entre 2000 et 2005.

Pour que les entreprises françaises
conservent leur avance sur ce marché, il est important de mettre l’accent sur la formation initiale, à trois niveaux :

- Les techniciens du libre (Bac à Bac +2/3), emplois locaux.
- Les ingénieurs du libre (Bac +5), qui sont la cheville ouvrière des grands projets et programmes,
- Les chercheurs du libre (Bac +5 et plus), capables d’être les décideurs au sein des communautés (« core
developers »), ils sont aussi très demandés dans les entreprises spécialisées dans le libre.

Recommandations validées par la Commission Paritaire de l’OPIIEC

L’OPIIEC a validé les différentes recommandations émises par PAC.
- Investir dans la formation initiale : Des investissements sont nécessaires car il manque de professeurs
pour former des informaticiens de haut niveau capables de faire de la R&D, qui est une activité à forte
valeur ajoutée. Dans cette optique, le logiciel libre est important car il permet une bonne compréhension du
fonctionnement d’un logiciel et d’un système informatique, puisqu’on a accès à toutes les parties du logiciel
ou du système.
- Structurer le logiciel libre : Pour apporter plus de valeur aux entreprises françaises, le logiciel libre en
France doit se structurer. L’apport de valeur aux entreprises doit être clairement l’objectif principal de ces
formations. En matière de formation initiale, un focus pourrait être fait sur les organismes dispensant des
formations (prenant en compte le logiciel libre) accessibles en contrat de professionnalisation.
- Conserver l’influence française dans le logiciel libre : les profils experts : Il faut pousser à la
formation de ces fameux « core developpers » et « committers », ces architectes qui gèrent les projets
libres, qui font de la veille de haut niveau, allouent les compétences, valident les choix, le tout dans un
environnement très distribué. Ils influent fortement sur les communautés et permettent donc aux besoins
des entreprises françaises d’être mieux pris en compte et ainsi d’améliorer leur compétitivité. Ce type de
formation peut être développé en association avec les universités qui ont déjà des cycles de formation sur
le sujet.
- Cultiver l’ouverture : les profils intégrateurs : Les entreprises ont besoin de compétences sur des
systèmes mixant logiciel libre et propriétaire et capable d’intégrer ses systèmes selon les besoins métiers
des utilisateurs. Des formations courtes et complémentaires permettraient aux deux mondes de mieux se
comprendre. Ces formations sont plus axées sur les environnements respectifs que sur la technique. Ces
formations, plus légères, peuvent être réalisées dans tous types d’instituts
- Améliorer la gestion de projet : Les formations en gestion de projets informatiques permettent de mieux
utiliser le potentiel du logiciel libre, mais aussi de mieux l’intégrer au reste du système d’information, aux
logiciels propriétaires.
- Valoriser l’expérience : Il y a beaucoup d’autodidactes et de techniciens compétents en logiciel libre ; de
nombreux informaticiens dépassant la quarantaine voient leur valeur sur le marché baisser, mais ils ont
une expérience précieuse pour les projets en logiciel libre. Les VAE et les périodes de professionnalisation
seraient un très bon moyen de qualification pour ces populations et donc pour faire face à la pénurie de
compétences.
- Mettre en place des Actions collectives de formation :

  • Formation à l’écosystème (différents acteurs), aux cycles économiques et « business models » de l’open source, dans une perspective d’apport de valeur,
  • Formation « Pratique du droit à titre accessoire » concernant les différents types de licences de logiciels et les connaissances en propriété intellectuelle, en lien avec l’open source,
  • Formation en gestion de projets informatiques mixant logiciel libre et logiciel propriétaire (outils, méthodologies : par exemple, pour évaluer le coût final d’un projet),
  • Formation sur les aspects collaboratifs : entre SSII et spécialistes du logiciel libre ; dans les
    communautés open source.

    Sur la base de ces recommandations, le Département Social Emploi et Formation va mettre en
    place, en collaboration avec la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi, des actions de
    formations.

Par ailleurs, le comité Editeurs de Syntec informatique (éditeurs « Open Source » et
éditeurs « Propriétaires ») a lancé dans le cadre du Plan éditeurs SL12 un certains
nombre de travaux sur les principaux business models de l’Edition de Logiciel ( tant de
developpement que de distribution ) : Licences, SAAS , Open source et hybrides.