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Le journal du Libre

L’indépendance de la Russie passe-t-elle aussi par un système Linux national ?

lundi 16 février 2009

Fin 2008, une conférence portant sur les intérêts de la Russie dans la société de l’information aurait débouché sur le projet du développement d’un système d’exploitation national, visant à garantir la sécurité et l’indépendance des systèmes d’information dans le pays. Selon l’agence de presse "CNews", la décision de remplacer l’ensemble des systèmes d’exploitation du pays par Linux est une initiative d’Ilia Ponomarev, Président du comité national pour le développement technologique.

Ce revirement aurait également, au-delà de l’impact "politique", une incidence économique sur le développement local : le même argument est utilisé en France lorsque son excellence en matière de migration vers les logiciels libres est évoquée. Elle bénéficie directement aux entreprises locales investies dans le Libre.

Russia Today évoque qu’un projet pilote est mené dans des établissements scolaires d’ici la fin de l’année 2009. Le système d’exploitation à la base de ce projet serait une version personnalisée de Fedora, distribution communautaire chapeautée par Red Hat.

On pouvait s’en douter : Microsoft ne voit pas d’un très bon oeil cette évolution. Un représentant local, Oleg Sutin, estime que "la Russie n’a franchement pas besoin d’un OS national". Il en irait, à l’en croire, de l’interopérabilité des systèmes et formats.

Pour Alexei Smirnov, directeur général d’ALT Linux, interrogé par thefutureofthings.com, "il faut comprendre que si ce système respecte toutes les règles de l’opensource, plus la Russie va investir dans le mouvement opensource international, plus grande sera son influence."

Pas un mot officiel de la chancellerie pour l’instant. Le projet semble en bonne voie pour obtenir l’approbation du gouvernement qui, à en croire thefutureofthings.com, y verrait une occasion de personnaliser ce système et d’avoir "un contrôle accru sur l’accès au système et son utilisation."